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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 07:00

Dans les nombreux documents qu'il nous a légués, Léré traite assez longuement de l'extraction de glaise à La Brévière par le sieur Langlois et de sa fabrique de poterie qu’il possédait à Compiègne1.

 

Extrac.-argile-copie.jpgIl nous en donne une première description le 5 mars 1817, puis une seconde le 8 janvier 1818. Voici ce qu'il écrit : "La seule fabrique de poterie de Compiègne est tenue par le Sieur Langlois et est située rue des vaches. Elle est très ancienne. La glaise est employée à la fabrique de poterie, de tuiles, de briques et de carreaux. La terre employée pour la poterie est d’une nature argileuse. Elle se tire depuis un temps immémorial, 300 ans, à ce que dit Monsieur Langlois, dans la forêt de Compiègne, près de La Brévière, à la route de Longpont, grande route de Morienval, avec la permission du gouvernement, donnée par le conservateur, en vertu d’un ancien droit d’usage.

 

P1050427.jpg

 

Le terrain sur lequel se trouve la glaisière n’est éloigné des dernières maisons de La Brévière que d’environ 500 pas. Il forme un monticule de 22 pieds de hauteur (7m12) qui s’étend vers les Grands Monts et vient se terminer au carrefour de La Brévière. Quant à ses prolongements latéraux j’en ignore  l’étendue.

 

L’ouverture que j’ai vue, et dans laquelle je suis descendu, est faite à l’angle formé par les routes de Morienval et de Longpont. C’est un trou, en forme de puits de 2 pieds 6 pouces de diamètre (80cm) et profond de 15 pieds 6 pouces (5m) dans lequel on descend, non pas avec une échelle, mais au moyen d’excavations dans la glaise même, à droite et à gauche, suffisantes pour placer le pied et servant d’échelon.

 

P1050424.jpg

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Lorsque l’on est au fond du puits on descend une marche pour arriver dans les chambres. Il y en a à peu près dix faites depuis 15 ans ; avant on tirait la matière d’un autre endroit. Sa profondeur n’est pas considérable. Elle ne passe pas 21 à 22 pieds (environ 7m) ; on ne peut en tirer que 5 pieds d’épaisseur (1m60) qui peuvent être employés à la poterie, et le concessionnaire est tenu à laisser des piliers de la même largeur que le volume des terres qu’il enlève.

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1. Léré. Archives de la bibliothèque St Corneille. VDC 197/XV 6 et VDC 71.

Par niddanslaverdure
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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 06:51

Néanmoins, le 21 août 1929, le Conseil décide de renouveler le bail des passages en forêt, en le complétant par l’addition de quelques nouveaux passages afin d'être en mesure de rejoindre quelques emplacements pour dépôts d'ordures concédés par l'administration forestière.

 

Ces redevances paraissent devenues si normales que les attendus du 4ème point de l’ordre du jour du conseil le laisse penser :


« 4° Relations avec l’administration des Eaux et Forêts. —

 

Empreinte de la plus franche cordialité du fait de la présence de M. l’inspecteur principal parmi les répartiteurs forains de la commune, il nous a été facile de renouveler le bail des passages en forêt, en le complétant par l’addition de quelques nouveaux passages aux lieux-dits « le clos et la couline ». D’accord avec l’administration des Eaux et Forêts, nous avons obtenu la concession de trois emplacements. 1° au-dessus du clos, 2° au long du chemin des Marais 3° au carrefour du Bocage, pour installer des tranchées destinées à recueillir les ordures ménagères, qu’un arrêté préfectoral interdit dorénavant de jeter en forêt. L’emplacement n° 2, chemin du Marais, a donné lieu à une protestation d’un habitant de ce quartier, mais le commissaire d’hygiène de l’arrondissement a établi que cette plainte n’était pas fondée. Il est bon de vous faire remarquer que ces emplacements doivent être autant que possible placés à portée des habitants en général et que là comme ailleurs, l’intérêt particulier doit s’incliner devant l’intérêt général. Mais cette mesure au moment où elle a été prise, était une innovation dangereuse dans un pays traditionnel comme celui-ci. Aujourd’hui, toutes les agglomérations forestières ou riveraines de la forêt y sont assujetties et cela semble tout naturel ».

 

P1070919.jpgLe 5 novembre 1944, le maire explique au Conseil qu'il y a nécessité de renouveler la concession des passages sur différents chemins de la forêt de Compiègne.

 

Le  17 février 1954, le conseil donne pouvoir au maire pour signer au nom de la municipalité les baux pour dépôts d'ordures, passages, et lavoirs sur le domaine forestier.

Le nouveau bail est consenti pour une redevance de 2 000 francs par an.

Le Conseil termine en remerciant M. l'Ingénier des Eaux et Forêts pour les conditions spéciales qu'il consent à notre commune.

 

Le 20 septembre 1963 le conseil décide de demander :

« Le renouvellement de l'autorisation de ses servir des passages forestiers désignés dans l'ancienne concession et de passer sur les routes forestières auxquelles aboutissent  lesdits passages.

2° Le renouvellement de l'autorisation de ses servir du lavoir à 2m du fossé périmétral ».

 

En 1969, le conseil change de ton, ainsi :

 

Le 19 septembre, le Conseil s'insurge contre l'administration forestière qui veut lui faire de nouveau payer la redevance et prend une délibération qui mettra un terme à cet état de chose.

            Il « estime, compte tenu des nouvelles conditions économiques et sociales, que la redevance perçue par l'Office national des forêts en échange de l'autorisation accordée à tous les habitants :

            1° De se servir des passages forestiers désignés dans un tableau dont les références cadastrales sont depuis longtemps désuètes,

            2° De passer sur les routes forestières auxquelles aboutissent lesdits passages paraît injuste et anachronique.

            En effet, n'importe quel citoyen étranger à St Jean aux Bois peut bénéficier gratuitement des mêmes dispositions refusées par survivance d'un esprit féodal, aux habitants considérés moins en citoyens qu'en vassaux ».

 

Ce dernier paragraphe n’eut pas l’air d’être apprécié par le sous préfet qui écrivit en marge de la délibération : « refusée par le s/préfet le 01.10.69 comme étant hors de compétence du conseil »

 

Bien qu’abrupte, l’avis du conseil, n’en reste pas moins dans les comptes rendus des séances. Peut-on lui donner tort ?

 

Toujours est-il que cette délibération mis un terme au paiement de la redevance et que depuis chaque habitant du village utilise librement les passages en forêt. 

Par niddanslaverdure
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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 06:47

 

Depuis la nuit des temps les habitants du village avaient circulé librement sur les sentiers que leurs aïeux avaient tracé en forêt sans que cela pose problème à qui que ce soit.

 

Brusquement il apparaît que cette tolérance ne semble plus correspondre à ce qui s’était toujours pratiquée.

 

Dans ses séances des 1er mai et 14 juin 1898, le maire communique au Conseil une lettre de l’inspecteur des forêts en date du 29 mars 1898, par laquelle il indique que l’administration des forêts veut réclamer un droit pour les passages pratiqués en forêt par les riverains.

 

En clair, chaque habitant quittant les limites du territoire communal et pénétrant sur le domaine forestier, sur un chemin tracé par l’usage au fil du temps, se verrait demandé un droit de passage pour l’emprunter. Un droit de péage, en quelque sorte. L’administration forestière se proposait unilatéralement de rétablir sur son domaine les droits de péage supprimés par les titres I et II du  décret des 15 et 28 mars 1790.

 

Dans sa lettre l'inspecteur expose que si chaque riverain devait régulariser lui-même sa situation, les frais qui en résulteraient seraient très élevés et qu’au contraire si la commune prenait cette dépense à sa charge, celle-ci pourrait être plus minime. Proposition paternaliste pour mieux faire passer la pilule.

 

P1070918.jpgLe Conseil considère que "la lettre de l’inspecteur ne donnant pas une base suffisante aux droits revendiqués et pour lesquels on n’a jamais payé depuis un temps immémorial, ajourne sa décision jusqu’à plus amples renseignements".

 

L’administration reve-nant sur la question, le Conseil 27 février 1899, décide qu’il y a lieu pour les riverains de s’entendre individuel-lement avec l’adminis-tration forestière. Aujourd’hui on dirait que le conseil botte en touche.

 

L’administration fores-tière ayant fait la proposition d’un abon-nement pour 9 années, le 30 août de la même année, le Conseil revient sur la décision prise précédemment et décide "d’accepter l’abonne-ment pour neuf années et d’offrir la somme annuelle de cinq francs pour tous les passages existant au 31 décembre 1897, et le cas échéant autorise M. le maire à signer l’abonnement avec l’administration supérieure".

 

En définitive le conseil  cède aux injonctions de l’administration forestière et créé ainsi un précédent que les municipalités suivantes appliqueront durant des années, puisque nous trouvons par la suite plusieurs délibérations renouvelant cet abonnement.

 

Le conseil du 25 février 1917 décide qu’il y a lieu de renouveler la concession de passage sur les chemins de la forêt de Compiègne au profit des habitants de la commune.

 

Le 22 août 1926, le maire demande au Conseil son accord afin de renouveler avec l’administration forestière, le bail pour concession de passages sur différents chemins dans la forêt de Compiègne. L’autorisation lui est accordée, mais le 12 décembre suivant le maire annonce au Conseil que, suivant une lettre de l’inspecteur adjoint en date du 26 novembre 1926, cette redevance annuelle est portée à 20 francs.

Par niddanslaverdure
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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 06:52

C'est terminé!


P1080091.jpgNous ne verrons plus son camion blanc aux raies rouges sillonner les rues et klaxonner de place en place.


Éric prend sa retraite.


Le boucher depuis le temps … c'était une institution pour le village et ses hameaux.


Pensez donc. Depuis 1953, son père, à son décès en 1960 repris par le grand père, puis en 1972 par Éric.

 

La-boutique-vers-1955-copie.jpg

Eric-1-copie.jpg


Combien de générations durant ces soixante ans ont répondu aux appels du mardi et du vendredi.


Si ces dernières années les clients étaient moins nombreux, les jeunes étant éloignés de Saint-Jean la journée, les anciens clients devenus pour la plupart retraités, lui restaient fidèles.

 

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P1080128.jpg


Il nous va falloir changer nos habitudes.


Au fil du temps, le boucher… ce n'était plus le boucher, c'était Éric, l'ami. C'était ainsi que nous le connaissions et l'appelions.


Les plus jeunes, ceux qui étaient minots il y a trente ans, n'oublient pas et n'oublieront jamais la rondelle de saucisson qu'inévitablement il leur tendait quant leur mère se faisait servir.


Et puis ce n'était pas le bonjour, je vous sert et bonsoir.

 

Devant-la-Bonne-Ide-e-en-1993-copie.jpg


Les conversations se prolongeaient, ne parlant pas que de la pluie et du beau temps, mais de la famille, des enfants et petits enfants qu'il avait connus quand ceux-ci venaient en vacances.

 

Et puis des siens. Qui ne se rappelle le jour où Monique, son épouse, lui donna des triplés.


Pre-s-a--porter-les-commandes.jpgEt puis il y avaient les souvenirs, lui qui avait connu les anciens, depuis longtemps disparus. Ceux à qui ils venait livrer les commandes avec son vélo et son panier depuis Morienval quand il était tout gamin. A l'époque le danger de la route n'était pas présent comme il l'est aujourd'hui.


Alors pensez qu'il les avait connu les Blanche, Nini, Mme Ramet et tant d'autres!


Mais inexorablement la vie continue. Et de cette époque Éric est arrivé impercep-tiblement à l'âge de la retraite. Jean-Claude, son second, aussi.


C'est pourquoi il nous quitte, qu'il cesse son activité.


Mais ce n'est pas un adieu. Trop de gens et de choses le lient à Saint-Jean. Nous le reverrons encore dans nos murs pour diverses occasions.


Nous lui souhaitons une bonne et longue retraite auprès de son épouse, de ses enfants et maintenant nombreux petits enfants.


Salut Éric!

 

Eric-et-son-pe-re.jpg

Par niddanslaverdure
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 06:47

 

Entre ces deux photos, plus d'un siècle s'est écoulé.


Vue-sur-la-partie-droite-du-transept-copie-1.jpg

 

Il est toujours intéressant et curieux de comparer des photos prises à des époques différentes, afin de juger des changements intervenus entre temps. La première nous montre une partie du chœur prise du fond du transept droit, côté sacristie. Cette photo a du être prise vers la fin du XIXe siècle-début XXe si l'on se réfère à l'inventaire des biens de l'église établi à la date du 15 décembre 1904. La seconde est prise en 2012. Nous voyons que beaucoup d'éléments de culte et décoratif ont disparus. Au regard des branchages qui ornent l'autel et le transept gauche, nous pouvons penser que cette photo a été prise à l'occasion d'une cérémonie en l'honneur de la Saint-Hubert.

 

Si nous promenons notre regard de la gauche vers la droite nous constatons que le lustre qui pend de la voûte n'existe plus. En levant la tête nous pouvons voir dans la voûte le trou par lequel passait le câble de suspension. Nous ignorons ce que sont devenues les deux bannières qui précédaient les cortèges, lors des processions. Sur l'inventaire de 1904 sont répertoriées la bannière de la Sainte-Vierge et celle de Saint-Hubert. Serait-ce celles-ci?


P1030553.JPG

 

A disparu la grille de séparation entre le transept et le chœur ; les bancs, à l'intérieur de celui-ci ont été déplacés ; les tableaux sont enlevés ; l’autel a été remplacé par celui du sculpteur Muguet. Le chemin de croix n’existe plus. L’harmonium, au premier plan, est vraisemblablement celui de madame de Royer, qui figure à l’inventaire de 1904.

 

Un christ mutilé a été placé sur la colonnette de soutien de l'ancienne poutre de gloire. Des éléments ont été ajoutés dans le chœur ; pupitres, croix, tenture murale. Les vitraux ont subi des modifications.


Enfin, la disposition d’ensemble a été modifiée ; un chauffage et une sonorisation ont été installés.


Par niddanslaverdure
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