Le téléphone à Saint-Jean

Le téléphone1 existait à St Jean depuis plusieurs années, (au tout début du siècle2) mais il s’agissait d’une cabine installée chez Mme veuve Leroy, débitante rue des Meuniers.

 

L'auberge-LeroyBien rares étaient ceux qui à l’époque se servaient du téléphone. Le téléphone n’était exploité commercialement que depuis 1879 en France, ce qui fait que la majorité des habitants de Saint-Jean en ignorait l’existence. Et bien même qu’un correspondant vous appelle, fallait-il encore être informer qu’un appel vous était destiné. Cela se faisait par un télégramme qui vous était adressé et que madame Leroy était chargé de vous remettre, ensuite charge à vous de prendre contact avec votre correspondant. Pour les destinataires de télégrammes habitant à proximité de la cabine, cela ne posait pas de difficulté, mais il en était autrement pour ceux habitant  à l‘autre bout de la commune. 

 

Sonnerie.jpgCela n’allait pas sans problème et le maire, à plusieurs reprises, avait été informé par la direction des postes et télégraphes, du refus de cette dame Leroy de se déplacer pour remettre les télégrammes. Il était insisté sur le fait que le gérant de la cabine devait se déplacer de jour comme de nuit pour les remettre sans aucun retard.

 

D’ailleurs pour ne pas être dérangé la nuit, cette personne avait refusé l’installation d’une sonnerie. Une lettre du  27 mai 1913 du directeur des postes et télégraphes fait état de ce refus. Ajoutons que pour ce travail Mme Leroy touchait une rémunération.

 

Au mois de mars 1914, cette dernière demande à cesser ses fonctions. Le maire est chargé de bien vouloir « désigner le plus rapidement possible un nouveau gérant et un suppléant« . Chose peu aisée à l’époque, ceux qui sont équipés du téléphone étant plutôt rares. La direction des postes s’en préoccupait par ailleurs de son côté.

 

Lettre du 28 mars 1914Le  28 mars 1914, le maire est informé par cette direction, que deux habitants de Saint-Jean, M. des Hyères et M. Petitjean, abonnés au réseau télépho-nique, acceptant d’assumer cette tâche et seraient reliés directement au bureau de Pierrefonds.

 

Dans cette lettre, le directeur des postes et télégraphes de l’Oise précise au maire : « Je vous serai très reconnaissant de vouloir bien assurer l’établis-sement de cette relation directe.

Je ne saurai trop insister pour que le service téléphonique soit rétabli le plus tôt possible dans votre commune, des intérêts graves me paraissant lésés.

Cette situation ne pourrait se prolonger sans que l’adminis-tration soit amenée à envisager la fermeture définitive du bureau téléphonique ».

Ce qui pour les habitants de la commune aurait causé un grave préjudice.

 

Cette situation ne pouvant s’éterniser et le courrier, télégrammes, etc… se développant, le maire, par lettre datée du 19 mars 1914, demande à ce que des « études soient menées tendant à la création d’un établissement de facteur receveur dans la commune« .

 

Lettre direction des postesIl lui est répondu que pour cela le Conseil municipal devra prendre une délibération dans laquelle celui-ci s’engagera à payer le surcoût du loyer du bâtiment prévu à cet effet qui pour l’administration, ne devra pas dépasser 200 francs par an, et que la commune fera l’achat d’un indicateur des levées. L’administration répond au maire que dès qu’elle sera en possession de cette délibération des propositions utiles lui seront faites. Cette délibération est prise lors de la session du 31 mars 1914.

 

Le  29 août 1914, le directeur des postes informe le maire qu’en vertu d’un arrêté ministériel du  26 août courant, un établissement de facteur receveur est créé à Saint Jean aux Bois.

 

La guerre ruinera ce projet et ce n’est qu’en 1920 qu’il reviendra à l’ordre du jour.

 

******************************

1. Archives communales série O (voirie, transports publics) sous-série 2 O (Moyens de transport et travaux divers) article 2 et O 3 (Lignes téléphoniques)

2. En 1901, l’administration des Télégraphes procède à l’établissement de la ligne électrique destinée à relier téléphoniquement Saint-Jean-aux-Bois à Pierrefonds en exécution des lois des 28-30 juillet 1885. Lois relatives à l’établissement, à l’entretien et au fonctionnement des lignes télégraphiques et téléphoniques.

A cet effet, le tracé de cette ligne, indiquant les propriétés privées où il doit être placé des supports, est affiché pendant trois jours, à partir du 2 mai 1901, aux mairies de Saint-Jean-aux-Bois et de Pierrefonds où les intéressés peuvent en prendre connaissance et présenter leurs observations et réclamations.

La distribution du courrier (2)

Passé cette date ne trouvons aucune archive nous informant d’une quelconque modification dans la distribution et le relevé du courrier. Il faut penser qu’il n’y a pas de modifications profondes concernant le fonctionnement de la poste dans l’intérêt la localité.


Le 18 mai 1880, le préfet adresse aux maires la circulaire suivante.

 

Indicateur-Thierry.jpg


Le 13 août 1882, le maire expose devant le conseil les avantages qu’il y aurait à remplacer la porte actuelle de la boîte aux lettres du chef lieu de la commune par une porte à indicateur Thierry.


« Le conseil vote la proposition de M. le maire en décidant de remplacer la porte de la boîte aux lettres du chef lieu de la commune par une porte à indicateur Thierry et prie M. le préfet de vouloir bien autoriser la commune à payer tous les frais résultant de cet achat au moyen d’un prélèvement sur ses fonds libres, soit 16 francs ».

 

Jusqu’à la guerre de 1914, il ne semble pas qu’il y ai eu de modifications notables concernant la distribution et la levée du courrier, si ce n’est que le volume de celui-ci avait considérablement augmenté.


L’instruction des habitants s’était considérablement améliorée, les familiarisant avec l’écriture et la lecture. Même si tous les élèves n’allaient  pas jusqu’au certificat d’étude, tous les enfants de Saint-Jean fréquentaient l’école. L’apparition de la carte postale avait, dans les années 1890, favorisée l’échange d’une correspondance rapide et de coût peu élevée.


On s’écrivait simplement pour informer de sa visite le dimanche suivant.


Où comme Désiré Tourneur, qui au milieu d’une phrase demande de lui dire « quand il faudra vous envoyer les pommes de terre ».

 

Carte-de-De-sire--Tourneur.jpg

A nos lecteurs — La distribution du courrier

A nos lecteurs

Nous sommes actuellement sollicité par les auteurs d’un blog afin que nous rappelions ici les origines historiques de la porte de l’ancienne ferme et, éventuellement, de faire connaître leur avis sur ce qu’il serait souhaitable d’entreprendre pour préserver le bâtiment.

S’il est toujours possible de faire un rappel sur l’historique d’un bâtiment ou monument du village, il n’est pas de notre ressort de faire connaître le point de vue de particulier sur ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire pour le maintenir en état.

Nous tenons à préciser que le site niddanslaverdure, comme chacun a pu le remarquer, relate des faits qui se rapportent à l’histoire du village ou à des évènements, passés et actuels, sans qu’à aucun moment n’apparaisse une prise de position sur un sujet donné ou ne soutienne un point de vue quelconque.

Si quelquefois des opinions ont pu apparaître, à condition que celles-ci ne soient ni diffamatoires, ni insultantes, elles ne sortent pas des commentaires que des lecteurs du site ont pu être amené à faire, ce qui ne les engagent que personnellement. Vous remarquerez que le site niddanslaverdure ne participe pas à ce genre de débats, laissant chacun libre de ses opinions, même si, à un moment donné, elles ne sont pas identiques à celles exprimées.

Il n’est pas question de déroger à cette règle, comme il n’est pas question de laisser le site devenir le support d’un pugilat verbal.

Un article est déjà paru concernant la porte de la ferme. En le relisant, nous pensons qu’il peut être développé. Mais dans tous les cas, ce ne serait qu’un rappel historique qui ne saurait suggérer d’une manière ou d’une autre ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire en l’état actuel. Ce n’est pas le rôle du site ; niddanslaverdure n’est pas et ne sera pas, rappelons-le, un site de controverses.

En ce qui concerne les actions à mener pour préserver le bâtiment il y a les élus. Chacun est libre d’avoir son opinion quant à la gestion qu’ils mènent. Ce n’est pas au site niddanslaverdure d’entrer dans un tel débat. En tant que simple administré, dont le soucis est de préserver la porte de la ferme comme tout à chacun, j’estime que les avis, remarques, suggestions qui m’ont été donné de faire, au même titre que tout autre citoyen, ont retenus leur attention, et que si les choses n’avancent pas aussi vite que l’on peut le souhaiter, ce que nous regrettons, c’est qu’ils ne sont pas le seuls dans cette affaire. Pensez donc : un bâtiment, privé, enjambant un porche dont le passage est public, et à caractère historique.

Quant au site niddanslaverdure, il n’est pas question qu’il entre dans une polémique quelconque et ne saurait orienter ses lecteurs vers un site ou blog qui ne respecterait pas ses règles de neutralité.

Les liens qui existent actuellement avec d’autres sites le sont, compte tenu de leur caractère historique, artistique, environnemental évident.

 

 


 

La distribution du courrier

 

Le 19 mai 1822, une circulaire préfectorale (n° 57 Recueil des actes administratifs n°18, page 137) avait demandé aux conseils municipaux de se prononcer par délibération spéciale sur la question: « Par quel bureau, dans l’état actuel du service des postes, convient-il le mieux à la commune de recevoir sa correspondance ? « 


Le 18 août courant le conseil municipal prend la délibération suivante :


« L’an mil huit cent vingt deux, le dix huit août, les membres du conseil municipal de la commune de St Jean aux Bois réuni aux lieux ordinaire de leur séance, par convocation du  maire d’après lotorisation de M. le préfet, à l’effet de désigner le bureau le plus convenable pour recevoir la correspondance, il désigne ce lui de Compiègne comme le plus près et ce lui ou lon vas plus frécament« .

 

Lettres-au-maire.jpg

Lettres-au-maire-2.jpg

Lettre-au-maire-3.jpg


Facteurs-copie-1Jusqu’en 1845 c’est le bureau de Compiègne qui desservira Saint-Jean. A cette date la commune sera rattaché au nouveau bureau distributeur de Pierrefonds, qui outre cette localité dessert Cuise-Lamothe et St Etienne du canton d’Attichy, Saint-Jean et Vieux Moulin du canton de Compiègne, sous la direction de madame Duval, distributrice. A compter de 1849, Cuise-Lamothe et St Etienne seront détachés du bureau de Pierrefonds.


Le 6 janvier 1852 le conseil municipal est appelé à se prononcer sur l’établissement d’une direction des postes aux lettres à Pierrefonds. 


« L’an mil huit cent cinquante deux, le six janvier, le conseil municipal de la commune de St Jean aux Bois, canton et arrondissement de Compiègne (Oise) s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances, par convocation de M. le maire, en vertu de l’autorisation de M. le sous-préfet en date du 3 courant, à l’effet de donner son avis sur le projet d’établissement d’une direction des postes aux lettres à Pierrefonds en remplacement du bureau de distribution.

Ledit conseil étant entré en délibération et considérant que cet établissement de direction ne saurait apporter aucune amélioration dans le service et que la distribution des lettres n’en pourrait être plus régulière ; qu’en conséquence, ce serait augmenter les dépenses sans qu’il en résulte pour cela aucun avantage ; ont été d’un commun avis de voter contre ledit projet comme étant sans urgence ».

 

Le décime rural sera supprimé par la loi du 3 juillet 1846.

L’application de la loi de 1829

Bien que n’ayant pas dans les archives municipales d’indications concernant l’application de cette loi à Saint-Jean, nous pouvons nous reporter aux directives préfectorales en direction des maires du département pour l’imaginer.


Le 16 mars 1830, une circulaire qui rappelle au maire l’existence de la loi, l’informe qu’à compter du 1er avril le facteur du canton lui apportera une boîte destinée à recevoir les lettres, qu’il « aura à faire conserver provisoirement cette boîte dans un lieu sûr, et ensuite de la faire placer dans l’endroit le plus convenable au public ».


Suit un arrêté qui précise les mesures à prendre « pour la pose et le solide placement de la boîte ».

 

Arre-te-.jpg


Mur-du-presbyte-re-copie-1.jpgRappelons qu’à l’époque la mairie-école n’était pas encore construite. Comme aucune délibération ne figure au registre des P.V. des conseils, ni aucun arrêté du maire sur le sujet, nous ignorons totalement où fut posée cette boîte.


Sur les cartes postales de la fin XIXe début XXe siècle, ni la mairie, ni aucun des cafés ne présente une boîte aux lettres sur leur façade, même celui de la mère Leroy qui était la cabine téléphonique à l’époque. La seule possibilité reste l’angle du mur du presbytère sur lequel étaient accrochés les panneaux administratifs, position centrale du village. Un extrait de l’une de ces cartes laisse penser, sous toute réserve, qu’une boîte serait scellée dans le mur.


En 1832, le maire reçoit copie d’une circulaire préfectorale l’informant qu’il « est prescrit à l’administration des postes de faire transporter, distribuer à domicile, et recueillir tous les jours, dans les communes dépourvues d’établissement de poste, les correspondances administratives et particulières, ainsi que les journaux, ouvrages périodiques et autres imprimés, dont le transport est attribué à l’administration des postes ».


Boi-te-aux-lettres.jpgToutefois, l’établissement de ce service journalier, ne pouvant se faire qu’en raison des besoins de la localité, le conseil municipal devait le formuler par délibération.

 

Ce ne sera que le 7 août 1836 que le conseil de Saint-Jean adoptera une délibération « à l’effet de demander à ce que le facteur rural vienne dans la commune tous les jours, au lieu de n’y venir que tous les deux jours comme il a fait jusqu’à ce jour.

 Les susdits membres, considérant que souvent des retards pour les envois ou réceptions des lettres et paquets de la mairie sont occasionnés parce que ce facteur ne vient que tous les deux jours, demandent pour éviter tous ces retards, qu’il vienne tous les jours dans la commune, ce qu’ils regardent même comme indispensable ».

 

 


 

Véritable invention améliorée au fil des années, la boîte aux lettres de 1830 se présentait sous la forme d’un coffre en bois d’un modèle unique. Elle était en principe encastrée dans un mur, à proximité d’un lieu public, central, où le passage était fréquent. Seule la porte de ces boîtes évolua afin de faciliter le travail du facteur et d’améliorer l’information des usagers sur l’heure de passage du préposé. Jusqu’en 1900, six modèles de portes existèrent, d’abord en bois puis en tôle, munies d’indicateurs de levées de plus en plus précis.

La poste à Saint-Jean

 

La poste est issue des relais de poste créés pour le transport des messages royaux et surtout des offices de messagers royaux qui étaient autorisés pour le transport du courrier des particuliers.


C’est du début du XVIIe siècle que date l’origine de l’administration des postes en France, avec la création de la poste aux lettres, dirigée par le surintendant général des postes. A l’époque le port était payé par le destinataire.


Le service a été organisé par l’état pour sa communication interne et la transmission des ordres, des rapports, entre les différents échelons de son administration.


Pendant très longtemps, à Saint-Jean, les problèmes liés à l‘expédition et à la réception du courrier ne se posaient pas, pour la bonne et simple raison que la plupart, sinon la totalité des habitants du village, ignorait ce que pouvait être une lettre et n’avait nul besoin d’en expédier, la plupart de surcroît ne sachant ni lire, ni écrire.


Avec la mise en place d’une administration municipales et l’apparition de structures administratives, les besoins de communication entre les autorités, tant au niveau national que départemental et local se présentèrent différemment. Il y avait un besoin impératif de mettre en place un service qui puisse rapidement faire connaître aux élus municipaux, les directives prises à tous les niveaux, du gouvernement au district.


Très rapidement, après la constitution des municipalités, le besoin impérieux de les tenir informées des directives prises aux différents échelons supérieurs, s’avéra indispensable.


Des hommes, dénommés « Courrier » ou « Piéton » furent chargés de faire la liaison entre le district siégeant à Compiègne, et les différentes communes dépendant de son ressort.


Dépense courrier An XIIISauf pour la période allant du 11 juillet 1796 au 5 Germinal an VIII (26 mars 1800), pendant laquelle l’administration municipale de St Jean aux Bois disparaît et passe sous la tutelle du canton de Pierrefonds et pendant laquelle aucune délibération propre à Saint-Jean n’apparaît, nous ne connaissons comment cet homme était rémunéré.


Mais à partir de 1801 apparaît dans le budget de la commune une dépense de 5 francs représentant le salaire du courrier. Cette dépense figure sur les budgets de la commune à l’article 6 du chapitre 1er jusqu’en 1832, la loi du 3 juin 1829 mettant cette dépense à la charge des communes jusqu’au 1er janvier 1833. 


Cette loi sur le service de la poste rurale, signée par Charles X, prévoyait que toutes les communes de France, jusqu’à la plus petite, bénéficient de la levée et de la distribution du courrier à compter du 1er avril 1830.

 

Loi-Sapey.jpg


Brocante du 2 juin

Brocante-2013.jpg

 

Extraction de glaise à La Brévière (3)

 

À la suite de ces explications, Léré dessine 31 objets fabriqués par M. Langlois ; des tuyaux et canalisations aux briques, des récipients aux pots les plus divers (y compris le pot de chambre). Nous en reproduisons quelques uns2.

 

 Planche-1.jpg

Planche-2.jpg

Planche-3.jpg

 

2 Avec l’aimable autorisation de Monsieur Vincent Haegele, directeur et conservateur des bibliothèques de la ville de Compiègne et Madame Coquerelle, directrice adjointe, que nous remercions..

Extraction de glaise à La Brévière (2)

On ne peut les extraire que dans les mois de décembre, de janvier, lorsqu’il fait froid, parce que dans une autre saison, les eaux ou les vapeurs méphitiques qui s’en élèvent, éteignent les lumières, et en rendent le séjour impraticable.

 

L’ouvrier travaille debout et à la chandelle ; il laisse dans la tranchée des piliers de la même largeur que le volume d’argile qu’il enlève, et sous terre.

Treuil-servant-a--extraire-la-glaise.jpgLes terres argileuses extraites s’apportent dans des mannes, vis à vis l’ouverture du puits, et s’enlèvent par un moulinet ; et elles restent exposées à l’air afin que les pluies et la gelée les décomposent, car elles seraient intraitables sans cette disposition préparatoire. On les enlève ensuite au printemps par voiture. M. Langlois en consomme environ 50 voitures.

 

La glaise, dans sa carrière forme un banc solide, uniforme d’une couleur gris blanc, onctueux, savonneuse, un peu molle, devenant plus dure exposée à l’air, se détrempant avec assez de facilité dans l’eau.

 

La masse repose sur un lit plus ou moins épais d’une substance dure couleur rouge noir, dure comme du mâchefer, ou de la rouille. On prétend que les faïenciers s’en servent pour colorer en jaune la faïence.

 

Contant de La Brévière, m’a dit que dans son pré on trouvait à 1 ou 2 pouces sous la terre végétale, une substance dure comme du mâchefer.

 

2-FABRIQUE DE POTERIE-6Voici la composition des couches, à partir du niveau du sol.

 1° 14 à 15 pouces, sable gris de diverses nuances.

2° 2 pieds. Espèces de grève.

3° 2 pieds.Terre bleue ardoisée.

4° 2 pieds.Terre comme de la chaux.

5° 2 pieds.Terre rouge ou bleuâtre.

6° 4 pieds.Terre à potier, jaunes ou rouge.

7° 2 pieds.Terre cendrée, la meilleure.

 

Cette septième couche est sans mélange. Sa couleur est grise perlée, cendrée et est la meilleure pour la poterie. La 6e  ou 5e  couche sont moins bonnes ; elles sont plus particulièrement employées pour les carreaux et les tuiles auxquelles elles donnent une couleur plus rouge.

 

Il est bon d’observer que l’on emploie pour la poterie que le dernier banc de la glaise préparée, tirée à La Brévière, et non la rouge et la jaune parce qu’elle est plus blanche et prend  mieux le vernis« 

Extraction de glaise à La Brévière

Dans les nombreux documents qu’il nous a légués, Léré traite assez longuement de l’extraction de glaise à La Brévière par le sieur Langlois et de sa fabrique de poterie qu’il possédait à Compiègne1.

 

Extrac.-argile-copie.jpgIl nous en donne une première description le 5 mars 1817, puis une seconde le 8 janvier 1818. Voici ce qu’il écrit : « La seule fabrique de poterie de Compiègne est tenue par le Sieur Langlois et est située rue des vaches. Elle est très ancienne. La glaise est employée à la fabrique de poterie, de tuiles, de briques et de carreaux. La terre employée pour la poterie est d’une nature argileuse. Elle se tire depuis un temps immémorial, 300 ans, à ce que dit Monsieur Langlois, dans la forêt de Compiègne, près de La Brévière, à la route de Longpont, grande route de Morienval, avec la permission du gouvernement, donnée par le conservateur, en vertu d’un ancien droit d’usage.

 

P1050427.jpg

 

Le terrain sur lequel se trouve la glaisière n’est éloigné des dernières maisons de La Brévière que d’environ 500 pas. Il forme un monticule de 22 pieds de hauteur (7m12) qui s’étend vers les Grands Monts et vient se terminer au carrefour de La Brévière. Quant à ses prolongements latéraux j’en ignore  l’étendue.

 

L’ouverture que j’ai vue, et dans laquelle je suis descendu, est faite à l’angle formé par les routes de Morienval et de Longpont. C’est un trou, en forme de puits de 2 pieds 6 pouces de diamètre (80cm) et profond de 15 pieds 6 pouces (5m) dans lequel on descend, non pas avec une échelle, mais au moyen d’excavations dans la glaise même, à droite et à gauche, suffisantes pour placer le pied et servant d’échelon.

 

P1050424.jpg

P1050425.jpg

 

Lorsque l’on est au fond du puits on descend une marche pour arriver dans les chambres. Il y en a à peu près dix faites depuis 15 ans ; avant on tirait la matière d’un autre endroit. Sa profondeur n’est pas considérable. Elle ne passe pas 21 à 22 pieds (environ 7m) ; on ne peut en tirer que 5 pieds d’épaisseur (1m60) qui peuvent être employés à la poterie, et le concessionnaire est tenu à laisser des piliers de la même largeur que le volume des terres qu’il enlève.

******************************

1. Léré. Archives de la bibliothèque St Corneille. VDC 197/XV 6 et VDC 71.

Droits de passages sur différents chemins de la forêt (2)

Néanmoins, le 21 août 1929, le Conseil décide de renouveler le bail des passages en forêt, en le complétant par l’addition de quelques nouveaux passages afin d’être en mesure de rejoindre quelques emplacements pour dépôts d’ordures concédés par l’administration forestière.

 

Ces redevances paraissent devenues si normales que les attendus du 4ème point de l’ordre du jour du conseil le laisse penser :


« 4° Relations avec l’administration des Eaux et Forêts. —

 

Empreinte de la plus franche cordialité du fait de la présence de M. l’inspecteur principal parmi les répartiteurs forains de la commune, il nous a été facile de renouveler le bail des passages en forêt, en le complétant par l’addition de quelques nouveaux passages aux lieux-dits « le clos et la couline ». D’accord avec l’administration des Eaux et Forêts, nous avons obtenu la concession de trois emplacements. 1° au-dessus du clos, 2° au long du chemin des Marais 3° au carrefour du Bocage, pour installer des tranchées destinées à recueillir les ordures ménagères, qu’un arrêté préfectoral interdit dorénavant de jeter en forêt. L’emplacement n° 2, chemin du Marais, a donné lieu à une protestation d’un habitant de ce quartier, mais le commissaire d’hygiène de l’arrondissement a établi que cette plainte n’était pas fondée. Il est bon de vous faire remarquer que ces emplacements doivent être autant que possible placés à portée des habitants en général et que là comme ailleurs, l’intérêt particulier doit s’incliner devant l’intérêt général. Mais cette mesure au moment où elle a été prise, était une innovation dangereuse dans un pays traditionnel comme celui-ci. Aujourd’hui, toutes les agglomérations forestières ou riveraines de la forêt y sont assujetties et cela semble tout naturel ».

 

P1070919.jpgLe 5 novembre 1944, le maire explique au Conseil qu’il y a nécessité de renouveler la concession des passages sur différents chemins de la forêt de Compiègne.

 

Le  17 février 1954, le conseil donne pouvoir au maire pour signer au nom de la municipalité les baux pour dépôts d’ordures, passages, et lavoirs sur le domaine forestier.

Le nouveau bail est consenti pour une redevance de 2 000 francs par an.

Le Conseil termine en remerciant M. l’Ingénier des Eaux et Forêts pour les conditions spéciales qu’il consent à notre commune.

 

Le 20 septembre 1963 le conseil décide de demander :

« Le renouvellement de l’autorisation de ses servir des passages forestiers désignés dans l’ancienne concession et de passer sur les routes forestières auxquelles aboutissent  lesdits passages.

2° Le renouvellement de l’autorisation de ses servir du lavoir à 2m du fossé périmétral ».

 

En 1969, le conseil change de ton, ainsi :

 

Le 19 septembre, le Conseil s’insurge contre l’administration forestière qui veut lui faire de nouveau payer la redevance et prend une délibération qui mettra un terme à cet état de chose.

            Il « estime, compte tenu des nouvelles conditions économiques et sociales, que la redevance perçue par l’Office national des forêts en échange de l’autorisation accordée à tous les habitants :

            1° De se servir des passages forestiers désignés dans un tableau dont les références cadastrales sont depuis longtemps désuètes,

            2° De passer sur les routes forestières auxquelles aboutissent lesdits passages paraît injuste et anachronique.

            En effet, n’importe quel citoyen étranger à St Jean aux Bois peut bénéficier gratuitement des mêmes dispositions refusées par survivance d’un esprit féodal, aux habitants considérés moins en citoyens qu’en vassaux ».

 

Ce dernier paragraphe n’eut pas l’air d’être apprécié par le sous préfet qui écrivit en marge de la délibération : « refusée par le s/préfet le 01.10.69 comme étant hors de compétence du conseil »

 

Bien qu’abrupte, l’avis du conseil, n’en reste pas moins dans les comptes rendus des séances. Peut-on lui donner tort ?

 

Toujours est-il que cette délibération mis un terme au paiement de la redevance et que depuis chaque habitant du village utilise librement les passages en forêt. 

Droits de passages sur différents chemins de la forêt (1)

 

Depuis la nuit des temps les habitants du village avaient circulé librement sur les sentiers que leurs aïeux avaient tracé en forêt sans que cela pose problème à qui que ce soit.

 

Brusquement il apparaît que cette tolérance ne semble plus correspondre à ce qui s’était toujours pratiquée.

 

Dans ses séances des 1er mai et 14 juin 1898, le maire communique au Conseil une lettre de l’inspecteur des forêts en date du 29 mars 1898, par laquelle il indique que l’administration des forêts veut réclamer un droit pour les passages pratiqués en forêt par les riverains.

 

En clair, chaque habitant quittant les limites du territoire communal et pénétrant sur le domaine forestier, sur un chemin tracé par l’usage au fil du temps, se verrait demandé un droit de passage pour l’emprunter. Un droit de péage, en quelque sorte. L’administration forestière se proposait unilatéralement de rétablir sur son domaine les droits de péage supprimés par les titres I et II du  décret des 15 et 28 mars 1790.

 

Dans sa lettre l’inspecteur expose que si chaque riverain devait régulariser lui-même sa situation, les frais qui en résulteraient seraient très élevés et qu’au contraire si la commune prenait cette dépense à sa charge, celle-ci pourrait être plus minime. Proposition paternaliste pour mieux faire passer la pilule.

 

P1070918.jpgLe Conseil considère que « la lettre de l’inspecteur ne donnant pas une base suffisante aux droits revendiqués et pour lesquels on n’a jamais payé depuis un temps immémorial, ajourne sa décision jusqu’à plus amples renseignements« .

 

L’administration reve-nant sur la question, le Conseil 27 février 1899, décide qu’il y a lieu pour les riverains de s’entendre individuel-lement avec l’adminis-tration forestière. Aujourd’hui on dirait que le conseil botte en touche.

 

L’administration fores-tière ayant fait la proposition d’un abon-nement pour 9 années, le 30 août de la même année, le Conseil revient sur la décision prise précédemment et décide « d’accepter l’abonne-ment pour neuf années et d’offrir la somme annuelle de cinq francs pour tous les passages existant au 31 décembre 1897, et le cas échéant autorise M. le maire à signer l’abonnement avec l’administration supérieure« .

 

En définitive le conseil  cède aux injonctions de l’administration forestière et créé ainsi un précédent que les municipalités suivantes appliqueront durant des années, puisque nous trouvons par la suite plusieurs délibérations renouvelant cet abonnement.

 

Le conseil du 25 février 1917 décide qu’il y a lieu de renouveler la concession de passage sur les chemins de la forêt de Compiègne au profit des habitants de la commune.

 

Le 22 août 1926, le maire demande au Conseil son accord afin de renouveler avec l’administration forestière, le bail pour concession de passages sur différents chemins dans la forêt de Compiègne. L’autorisation lui est accordée, mais le 12 décembre suivant le maire annonce au Conseil que, suivant une lettre de l’inspecteur adjoint en date du 26 novembre 1926, cette redevance annuelle est portée à 20 francs.