Les turpitudes de l’hôpital de St Nicolas au Pont

 

C'est dans une note trouvée dans les archives du docteur Bresset que nous relevons cette anecdote qui a pour théâtre le hameau de La Brévière.

Docteur Bresset : dossier la forêt n° 3.

Docteur Bresset : dossier la forêt n° 3.

 

Il a lui-même relevé celle-ci dans un livre du docteur Ozanne dont il est fait référence dans le bulletin de la Société historique de Compiègne, tome XX (1933) page 142.

 

Cela concerne une jeune religieuse de l’hôpital St Nicolas enceinte des œuvres d’un frère de cet hôpital et envoyée à La Brévière pour s’y reposer pendant sa grossesse. Cela se passa entre 1307 et 1348.

 

Extrait de la page 142 :

 

« Il en alla ainsi jusqu’en 1348, époque ou le fauteur principal de tous ces troubles vint à mourir*. L’abbé de Saint-Corneille présenta une grande requête au roi où il explique et démontre tous ses droits fondés sur des titres, des arrêts plusieurs fois rendus et toujours remis, il déplore les frais considérables qui incombaient à l’abbaye pour ces procès interminables, mais il insiste surtout sur l’état pitoyable qui résultait de ce conflit et du défaut d’autorité. S’appuyant sur les arguments les plus graves, il demandait que l’hôpital subit d’extrême urgence une réforme complète.

 

Le Grand Aumônier disparu, l’abbé de Saint-Corneille osa révéler devant le roi toutes ses turpitudes. Voici les principaux griefs de ce terrible réquisitoire qui formulait les noms et les prénoms avec un luxe de détails qui ne laissait aucun doute sur la conduite des religieux et religieuses et qui prouvait que leur vie dissolue n’était rien moins que monastique. Il l’accusait des actes les plus honteux et ne dissimulait aucun des scandales trop malheureusement connus et de notoriété publique.

 

Toutes les sœurs, en moins de sept ans, avaient eu des enfants. Deux étaient nés du fait de l’Aumônier, deux autres de ses neveux, un de son écuyer, un dernier enfin de son chapelain. Le Prieur Jean Remot en eut aussi et son successeur Ducandas, plus prolifique, trois. Un frère et même un jeune novice, voulant suivre l’exemple de leurs supérieurs, en firent chacun un pour leur compte. Très paternel, M. l’Aumônier prit soin d’une des sœurs et la fit conduire à la ferme de La Brévière, au milieu de la forêt. Il ordonna que cette charmante nonne, confiée aux bons soins de son écuyer, y demeura pendant toute sa grossesse et voulut être aussi le parrain de l’enfant. »

 

* Il s’agit de Jean des Granges grand aumonier de France, prieur de Royallieu.

Rappelons qu’en ces temps reculés une grande partie des terres de La Brévière appartenaient à l’hôpital de Saint Nicolas au Pont sur lesquelles les religieux avaient bâti une ferme.

Vous pouvez vous reporter au texte complet repris sur le site de la Société d’histoire :

http://www.histoire-compiegne.com/imageProvider.asp?private_resource=10757&fn=20-05%2Epdf

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