La tempête de 1984 (3)

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La forêt fait tellement partie du paysage que nous passons à côté sans la voir.


Février 1984, il ne faisait pas froid la température était clémente pour cette saison, le ciel bizarrement menaçant ; un collègue me dit “Il tonne” et soudain un orage, un vent, la tempête approche, l’atmosphère change l’air et transformé l’inquiétude gagne…

 

Un enroulement gigantesque de nuages recouvre notre massif.

 

La tempête arrive, des odeurs inhabituelles sont transportées par les courants d’air, rien n’arrête le vent… et soudain la forêt craquait de partout. Ne restons pas là… cela a duré une dizaine de minutes, mais quel dégâts. Pour nous forestiers heureusement que nous étions sur le Compiégnois.

 

ORDRE de la préfecture, l’Office National des Forêts avec le soutien de l’armée et des pompiers avaient dans l’urgence de déblayer les routes et chemins d’accès aux communes. Pour ma part je me souviens à l’entrée de mon village, un champ de bataille, des arbres à terre ‘Mon dieu il y a des chablis partout, reste quelques chandelles de loin en loin”. Pour notre métier travailler dans les chablis est une situation des plus difficile, les troncs sont tendus et réagissent de manière inattendue.

 

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Saint Jean aux Bois, la nature se donne en spectacle et ce drame nous touche tous,  il n’y avait plus d’électricité ; le soir dans le café de mes parents les rumeurs allaient  bon train.

 

Les lampes à pétrole étaient de retour.

 

Le lendemain de cette tempête des collègues et moi-même étions en train de tronçonner. Un arbre est tombé à un mètre de nous, dans le fracas de la chute le sol se déroba sous nos pieds et nous nous sommes retrouvés dans un trou avec des racines, de la terre un vrai mur ; bien sûr nous avons eu peur et je n’en connais pas beaucoup qui pourrait dire le contraire. Pour ma part cette tempête m’a fait connaître les caprices de la vie et vraiment un paysage de désolation, quel désastre

 

Notre forêt blessée de partout.

 

La nature ne baisse pas les brassurtout si on lui donne un coup de main. Notre forêt a changé, et nous nous y adapterons 

 

Dominique MICHEL

 

Vocabulaire forestier

Chablis : Arbre renversé ou cassé par le vent ou la neige.

Chandelle : Partie de l’arbre sans tête restant debout.

Encroué : Arbre tombé sur un autre qui le retient (Équilibre instable).

 

Le dégagement des routes et chemins

 

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