Les lavoirs de Saint-Jean (1)

 

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L’histoire n’a pas retenue celle des lavandières de Saint-Jean, ni de leur dure besogne les jours de lessive, ni des lieux où elles la pratiquaient le plus souvent.


On peut penser que les ruisseaux qui traversent le village pouvaient offrir des endroits nombreux et variés, mais de là à les situer, c’est une autre affaire.


Comment se pratiquait la lessive, était-ce une affaire individuelle ou collective, ce qui peut s’imaginer au temps des abbesses, mais après ? Ce qui est certain c’est que cet effort était essentiellement féminin.


Les archives communales des XVIIIe et XIXe siècles ne nous renseignent pas sur cette pratique au cours de ces périodes.


De rares photos de la fin du XIXe siècle et les vestiges encore visibles des lavoirs à la hauteur de la porte fortifiée, sont les seuls indices que nous ayons.


De toutes façons le mode de vie était tout à fait différent de celui de nos jours et ne permet pas de comparaisons.


Les plus anciens d’entre nous se souviennent qu’on ne changeait pas de linge aussi fréquemment que nous le faisons de nos jours. De plus les armoires de nos grands-mères étaient suffisamment remplies pour faire face aux besoins qui pouvaient s’étaler sur plusieurs mois, ne nécessitant pas de lessives fréquentes. Le trousseau, pour une jeune fille qui se mariait, revêtait une grande importance et arriver avec une armoire bien garnie permettait de faire face aux besoins du jeune ménage.


Certains, de leur enfance, se souviennent peut-être de ces grandes lessives de printemps et d’automne, où les draps se lavaient à la douzaine, ainsi que les serviettes, les torchons, les chemises de jour et de nuit, etc. Ces lessives se déroulaient sur plusieurs jours. Le linge était mis à sécher sur des cordes entre les arbres des vergers et s’étalait sur plusieurs dizaines de mètres en longueur, l’occasion pour les mômes de courir entre les travées et bien sûr de se faire enguirlander et mis en demeure d’arrêter.


A Saint-Jean la lessive devait aussi se pratiquait de la sorte. Une carte postale de la cour de la ferme nous laisse voir des draps étalés sur l’herbe vraisemblablement en train de sécher. On semble plutôt pencher vers le lavage individuel. Les souvenirs les plus lointains que nous ayons nous viennent des mères de nos plus anciennes habitantes qui déjà, après la guerre de 1914-1918, vivaient un mode de vie différent de celui de leurs ancêtres. Les lessives se faisaient alors au lavoir communal.


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En ville, pour ceux qui ont connu les années qui ont suivit la guerre 1939-1945, la lessive se faisait dans des lavoirs, le plus souvent privés, dont certains dataient de Napoléon III. Il en existait pratiquement un par quartier. On y amenait le soir précédent la journée de lessive son linge enfermé dans un sac de toile qui était jeté au lieu de dizaines d’autres sacs dans un grand bac circulaire de plusieurs mètres de diamètre, qui était ensuite rempli d’eau et mis à bouillir une partie de la nuit.


Les gens étaient peu regardant aux problèmes d’hygiène à cette époque.


Le lendemain chacune récupérait son bien, et commençait alors le brossage et lavage du linge, tout cela dans une atmosphère oppressante de chaleur et d’humidité. Si ajoutait un vacarme épouvantable du aux coups de battoirs, aux essoreuses entraînées par un moteur, aux cris et aussi aux chansons de dizaines de lavandières qui se pressaient dans chaque travée.


Il suffit de relire le chapitre I de l’Assommoir d’Emile Zola pour avoir une idée de ce que pouvait-être ces « usines à laver », comme il les nomme.


 

A Saint-Jean et les hameaux, rien de cela. De petits lavoirs de village, mais où la pénibilité de la tâche n’en était pas moins éprouvante.

à suivre

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