Fin 1835 et début 1836-De nouvelles instructions (6)

 

Au mois de décembre

 

Le 24 décembre 1835, le maire reçoit la lettre suivante du garde général Vallerant.


« M. l’Inspecteur ayant appris avec peine que la commune de St Jean, peut être mal conseillée, mais à coup sûr mal éclairée sur ses propres intérêts, se refuse à faire la soumission exigée par M. l’Intendant général de la maison du Roi, c’est-à-dire de demander la permission de conduire ses bestiaux au pâturage dans la forêt de Compiègne, en reconnaissant que n’étant pas usagère, cette concession sera pour elle toute de faveur.

M. l’Inspecteur, espérant que les conseillers municipaux et votre commune reconnaîtraient dans cette demande la nécessité où se trouve la maison du Roi de concilier les intentions paternelles de Sa Majesté avec celles de conserver l’intégralité du domaine de la liste civile.

Il a volontiers pris sur lui d’accorder l’année qui vient de s’écouler pour vous donner le temps de réfléchir ou de consulter des personnes en état de vous éclairer. Aujourd’hui que votre commune se refuse à faire la demande au pâturage dans la forme exigée, il se voit avec bien du regret forcé d’interdire l’entrée de la forêt à dater du 1er mars 1836, non seulement au troupeau, mais encore aux habitants de votre commune qui vont y ramasser du bois pour leur chauffage.

Je suis chargé, Monsieur le Maire, de vous communiquer cet ordre en vous prévenant que passé le délai assez long que M. l’Inspecteur vous accorde encore pour faire vos réflexions, il sera dressé des procès-verbaux contre les pâtres ou les individus qui n’auraient pas tenu compte de cet avertissement ».

 

Le lendemain 25 décembre, certainement soucieux de ne pas priver les habitants de l’avantage de faire paître leurs bêtes en forêt adopte la délibération dans laquelle il est écrit : « Les susdits membres ayant mûrement examiné la lettre précitée, sont d’avis de demander à M. l’inspecteur l’autorisation de conduire au pâturage dans ladite forêt, leurs vaches, comme par le passé, en s’obligeant,

1°. De n’en mettre que deux par ménage,

2°. De réitérer la même demande, tous les ans avant le 1er mars,

3°. De ne les conduire que dans les endroits défensables que l’administration désignera ».

 

En 1836

 

Le 10 janvier 1836 , lettre de l’Inspecteur au maire :

« J’ai bien reçu la délibération du Conseil municipal de la commune de St Jean aux Bois qui était jointe à votre lettre du 4 de ce mois ; je me suis empressé de transmettre à M. le Conservateur des forêts de la couronne, en le priant de me faire connaître la décision qu’aura prise M. l’Intendant général sur la demande de pâturage qui en fait l’objet. Aussitôt que j’en aurai été informé je ne perdrai pas un moment pour vous en donner avis ».

 

Cependant cette délibération ne donne pas satisfaction en haut lieu, puisque le 20 janvier 1836 le maire reçoit cette réponse de l’inspection de Compiègne : « En réponse à la transmission par moi faite à l’administration de la délibération du Conseil municipal de Saint Jean, M. le Conservateur me charge de vous prévenir qu’aussi longtemps que votre commune n’aura pas pleinement et explicitement satisfait à la décision de M. l’Inspecteur général la faveur qu’elle réclame aujourd’hui sera refusée.

En conséquence et à dater du 1er mars prochain l’entrée de la forêt sera interdite aux habitants de Saint Jean, tant pour le pâturage que pour le ramassage du bois mort toléré jusqu’à présent ».

 

20 janv. 1836 Pâturage

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