Limites territoriales de la commune (2)

Le 24 janvier 1824, un projet de l’évêque de Beauvais, relayé par le préfet, propose de transférer le titre de succursale de Saint Jean à celle de Margny et que pour le culte elle soit réunie à celle de Vieux Moulin.


Par une délibération en date du 25 janvier 1824 les membres du conseil municipal :


déclarent unanimement vouloir conserver le titre de succursale pour la commune de Saint Jean, vû l’impossibilité de la réunion pour le culte à Vieux Moulin, qui  1° a toujour été décervi tantôt par messieurs les Célestins religieux de Saint Pierre, tantôt par MM. les prieurs de Saint Jean qui s’entendaient à cette égard avec Madame l’abbesse de Royallieu, 2° l’église de Vieux Moulin peut à peine contenir cent perçonnes tendis que la population de cette commune seule est composée de trois cent quarante quatre, second et qui sont motif d’impossibilité de réunion 3° la distance est de cinq quarts de lieu.


L’église de Saint Jean fu rebâtie par la Reine Adélaïde vers l’an 1153, a toujours été décervi par un prieur c’est une des plus belles à dix lieu à la ronde elle peut contenir six cent perçonnes, elle possède un autel en marbre venant en partit de sa Majesté Louis XVIII, elle est située au sein de la foret de Compiègne entre deux maisons royale, savoir le château de La Muette et celui de Saint Nicolas ou loge des officiers de l’administration forestière, ce qui donent occasion aux princes de venir à Saint Jean, en outre elle possède une rente perpétuelle de trois cents francs pour son entretien.


Le conseil osent espérer que ces considérations détermineront Monseigneur à changer d’avis sur un arangement qui est impossible; 1° à cause de l’église de Vieux Moulin qui est trop petite, 2° à cause de lensienneté du titre de Saint Jean, 3° a cause des convenances relatives aux officiers de la foret.


Quand pour répondre aux veux des habitans il plaira a Monseigneur de leur envoier un pasteur pour rester au milieu deux il sera bien reçu et bien accueilli et rien ne sera négligé pour  satisfère a ces besoins.(Texte transcrit dans sa version d’origine)


Le conseil de fabrique de l’église adopte un texte de teneur identique.

 

Quelque temps plus tard une tentative est menée par le préfet en vue de rattacher la commune de Saint Jean aux Bois à celle de Vieux Moulin. Ainsi écrit-il au maire le 23 juin 1824 :


L’expérience a fait reconnaître l’impossibilité d’administrer convenablement les communes dont la population et les revenus sont trop bornés pour qu’on puisse y organiser un corps municipal régulier et subvenir aux dépenses ordinaires.


Dans la plupart de ces communes, on est obligé de laisser les conseils municipaux incomplets, ou si on leur donne leur entier développement, on est souvent forcé d’introduire dans leur sein, des membres parents au degré prohibé par les lois, ce qui peut substituer des intérêts privés à l’intérêt général et nuire au bien des administrés.


D’un autre côté, l’absence de revenus suffisants pour subvenir aux dépenses les plus nécessaires, oblige sans cesse ces communes à voter des impositions extraordinaires qui surchargent les contribuables et à l’aide desquelles on ne peut même pas toujours subvenir à toutes les parties du service.


Il suit de là qu’il serait plus convenable pour les administrés et pour l’administration de supprimer ces petites communes et de les réunir aux communes voisines. Ces réunions, lorsqu’on a soin de consulter les intérêts locaux présentent des avantages incontestables, et n’offrent aucun inconvénient.


Le gouvernement les a toujours encouragées ; c’est remplir ses intentions paternelles, et produire une véritable amélioration que de les effectuer sur tous les points où elles sont applicables.


D’après ces considérations vous reconnaîtrez, Monsieur le Maire, qu’il paraît nécessaire de supprimer la commune confiée à vos soins. Je vous invite en conséquence à convoquer extraordinairement le conseil municipal et à lui soumettre l’examen de l’affaire dont il s’agit.


Vous lui proposerez de demander la réunion de la commune à celle de Vieux Moulin.


Dans le cas où cette proposition ne serait pas agréée le conseil pourra indiquer une autre réunion, ou même proposer de partager le territoire de la commune entre plusieurs des voisines que dans ce cas il devra indiquer.


Quel que soit l’avis du conseil, il devra être motivé et consigné dans une délibération dont vous m’adresserez une copie aussitôt qu’elle sera prise. Je désire que le conseil municipal soit immédiatement rassemblé, et que sa délibération me parvienne avec vos observations, avant le 15 juillet prochain. J’appelle sur cet objet important votre zèle et vos soins particuliers.


Recevez, Monsieur le Maire,….


Le 8 juin suivant le conseil municipal délibère sur ce projet préfectoral et adopte un texte motivé qui rejette cette perspective.

 

 

Vieux-Moulin-copie.jpg

(A l’époque, dans plusieurs délibérations du conseil municipal nous trouvons écrit que « La commune de St Jean est la plus petite et la plus pauvre de tout le département ». Vieux-Moulin ne devait pas être mieux lotie que Saint-Jean.

Comme si ces deux communes pauvres en ressources pouvaient donner une commune riche une fois réunies?

Il est curieux de constater que le pouvoir central a toujours utilisé ce genre d’argument au fil du temps pour justifier ses tentatives de regroupement des communes).


Voici le texte de la délibération adoptée par le conseil municipal :


L’an mil huit cent vingt quatre, le huit juillet, les membres du conseil municipal réunis au lieu ordinaire de leur séance au nombre de sept, sur la convocation extraordinaire du maire d’après l’autorisation de M. le préfet, en date du vingt trois juin dernier, à l’effet de répondre à la lettre de M. le préfet qui propose de réunir cette commune à celle de Vieux Moulin.


Les membres du conseil après avoir entendu lecture de la lettre et avoir mûrement pesé et réfléchi sur cette proposition, ils sont unanimement d’avis de représenter à M. le préfet que cette réunion ne peut pas avoir lieu attendu quelle serait très préjudiciable aux administrés :


1° A cause de l’éloignement qui est de cinq quarts de lieue de forêt à traverser ; et même deux hameaux de cette commune qui en sont à une demie lieue, ce qui ferait sept quarts de Vieux Moulin.


2° La commune de St Jean est située sur deux grandes routes qui sont celles de Compiègne à Crépy, Morienval et autres lieux de La Brévière; celle aussi de Compiègne à Villers Cotterêts, La Ferté Milon, Neuilly St Front et Château Thierry, ce qui occasionne quelquefois des passages de troupes et de voyageurs, qu’à cet égard souvent la présence du maire est nécessaire.


3° Cette commune est au centre de la forêt de Compiègne, entre deux maisons royales qui sont, le château de la Muette, et St Nicolas de courson ; ce qui occasionne souvent le passage des princes.


 Cette commune a une population de trois cent cinquante âmes. Si néanmoins on la trouve trop petite, on pourrait y réunir trois hameaux qui sont de cette terre, qui dépendent de Morienval, dont deux ne sont éloignés de notre commune que d’un quart de lieue, et l’autre d’une demi-lieue ; tandis que deux de ces hameaux sont éloignés de leur commune d’une lieue, et l’autre de trois quarts ; ces trois hameaux ensemble forment environ en population une centaine d’âmes, d’après ces considérations, les susdits membres osent espérer que M. le préfet voudra bien leur laisser le titre de commune tel qu’ils l’ont toujours eu.

 

Fait et délibéré les jour mois et an susdits et ont les membres présents signé après lecture faite.


Il n’y eut pas de suite à ce projet.


 La mort de Louis XVIII étant survenue peu de temps après, le 16 septembre, on peut penser que les changements intervenus à certains échelons administratifs y ont été pour quelque chose. 

à suivre
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