Léon Duvauchel (4)

SONNET POUR PRENDRE CONGÉ

 

Vaudrampont, frais hameau blotti dans la clairière,

Ainsi qu’en son hallier un liteau de chevreuil ;

Nid de pigeons bisets, cachette d’écureuil

Où j’ai connu des mois de quiétude entière ;

Ermitage dressant sa maison forestière

Dans un riant milieu qu’eût reproduit Chintreuil,

A tes arbres géants, poussés avec orgueil,

A tes chaumes, j’adresse une chanson dernière …

Le vent et la gelée et les cruels brouillards

Me disent qu’il est temps de partir. Et je pars,

Emportant des regrets … Et t’en laissant, peut-être ?

La nature, ici-même, à mes instincts répond.

Le calme bienfaisant jusqu’en mes os pénètre.

Les vacances, pour moi, s’appellent Vaudrampont !

                                                                                                    1883.

 

Vaudrampont-1.jpg

 

Après ses études à la pension de Villiers-le-Bel, Léon Duvauchel se lance dans l’écriture.


En 1866 et 1869 il trouve asile pour sa prose inédite et pour ses vers nouveaux dans trois publications : Le Siècle Littéraire, Le Réveil Littéraire et Artistique et La Vie Littéraire.


Livre-d-un-forestier.jpgEn 1869, c’est la parution dans “L’Artiste d’Arsène Houssaye“ de son poème “La Première Pensée“.


Vers le milieu de l’année 1871 il frappe à la porte de la maison de Théophile Gautier à Neuilly. Il lui présente un manuscrit. Les pages d’autographe sont la “première pensée” du Médaillon. Il est encouragé bienveillamment à poursuivre dans cette voie.


Vers la fin de l’année 1874 c’est la première manifestation imprimée : “Le Médaillon“. Ce petit livre est dédié à la mémoire de Théophile Gautier qui n’est plus.

 

Dès lors Léon Duvauchel répand sa pensée, rimée ou prosée, dans plus de quarante journaux et revues parmi lesquels : La Lune Rousse, La Plume, La Jeune France, La Fantaisie, La Ville de Paris, Beaumarchais, Paris Moderne, Le Moliériste, L’Express, Retraite manquéeLa Vie Populaire, Le Journal des Artistes, Le Réveil (La Marseillaise), Le Chat Noir, La Revue Générale, La Revue Critique, La Vie Moderne, La Minerve, Le Monde Poétique, La Revue Indépendante du Nord, et avec sa venue dans la Compiégnois les principaux journaux de l’Oise : La Gazette de Compiègne, La Gazette de Pierrefonds, Le Progrès de l’Oise, L’Écho de l’Oise.

 

Il publiera dans ces journaux “En forêt : Panorama“, “En forêt : Grâce pour les ancêtres“, “En forêt : Sauvés… Merci, Monsieur“ (articles pour lesquels il demande que deux chênes soient sauvés de la coupe et pour lesquels il obtient la grâce), “En forêt : Poète paysager“, “En forêt : Un hameau forestier“, “En forêt : Parisien de Paris“, “En forêt : A Villers-Cotterêts, au pays de Dumas“, “ En forêt : A la saint Blaise“ (article qu’il agrémente de dessins du hameau de Vaudrampont), “ Le crime du quincaillier“, etc.

 

(à suivre)

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