Panneau apposé en 1941 en forêt (suite)

Traduction du panneau

 

Plusieurs lecteurs ont répondu à la demande que nous avions faites de nous adresser, si possible, une traduction du panneau. Nous les remercions de nous avoir envoyé un texte. Voici donc cette traduction :

 

Zone de protection des animaux sauvages.

 

Toute chasse sans autorisation du chef de l’administration militaire est interdite.

Tout contrevenant tombera sous le coup de la justice militaire.

Pour le commandant en chef de l’armée.

Le chef de l’administration militaire en France.

 

Panneau d'interdiction de chasserIl nous est précisé que le texte relève du langage militaire de l’époque plus guère utilisé de nos jours. 

 

Certains de nos lecteurs nous ont apporté des précisions concernant l’état du gibier à la fin de la guerre.

 

L’un de nos fidèles lecteurs, Michel T…, écrit : “L’époque n’était pas à l’écologie et je pense que la tambouille des  soldats Allemands était si médiocre qu’ils voulaient protéger le gibier pour leur consommation de façon à améliorer l’ordinaire et peut-être aussi contrôler les armes de chasse en circulation“. Il précise que “Ma grand mère Legrand me racontait que durant la guerre les militaires qui stationnaient autour de la forêt ont décimés complètement le gibier sauvage et qu’après la guerre, James de Rothschild aurait importé des animaux des pays scandinaves pour les réintroduire en forêt de Compiègne de façon à pouvoir rechasser à courre“.

 

Propos confirmés par un autre lecteur Didier. C… “Oui je confirme. C’est une histoire que Monique de Rothschild raconte souvent. Elle est également confirmée par Bernard Sis. Il explique qu’après la guerre le nombre de cervidés dans le massif était inférieur à 50. Le baron James de Rothschild qui s’était porté acquéreur de l’adjudication de la chasse au cerf en forêt de Compiègne, a prit la décision de réintroduire des cerfs. Il en a fait venir de l’est de l’Europe mais surtout de Chambord. D’autres informations sont à rechercher dans les livres de Monique de Rothschild.

*

Dans un autre ordre d’idée, mais à rapporter dans le rappel des comportements de l’occupant, l’anecdote suivante qui aurait pu se terminer tragiquement, et qu’écrit Michel T… : “Mon grand père (monsieur Legrand, boulanger de l’époque) avait été mis en joue devant le mur de la boulangerie par un soldat pour lui avoir refusé du pain. Il a bien failli y laisser sa peau et a été obligé d’obtempérer car le soldat avait surpris une personne sortant du magasin avec du pain. Mon grand père réservait sa maigre réserve de farine aux habitants du village. 


4 réflexions sur “Panneau apposé en 1941 en forêt (suite)”

  1. J’ai réussi à avoir quelques informations complémentaires. La situation des massifs forestiers de la région était très variable. En forêt de Laigue, la population avait été décimée (il restait
    après la guerre un grand cerf et une biche qui avaient été vus vers le Mont au Renard. Malheureusement le cerf a été tué par un braconnier connu dans la région. La forêt de Retz bénéficiait d’une
    situation beaucoup plus enviable. Elle servait de zone de stockage de munitions pour les allemands et était donc particulièrement surveillée. Cependant et pour l’anecdote, il m’a été rapporté que
    cette situation n’avait pas empêché Maurice LOUBET d’y découpler quelques chiens et de prendre à courre quelques cerfs au nez et à la barbe des Allemands. La forêt de Compiègne était à la
    libération, vidée de ses animaux. Il m’a été confirmé qu’il restait une cinquantaine d’animaux qui vivaient près du Mont Arcy approximativement entre St jean et Pierrefonds vers le bas des côtes
    c’est à dire vers les carrefours de la Bécasse, Marsaux, Croix Aguet …. Le Baron de Rothschild a fait venir des cerfs de Chambord en deux fois (d’abord 7 puis un second lot de 8). Ces animaux
    avaient la particularité de porter une marque à l’oreille pour pouvoir les suivre. Les chasses à courre ont repris progressivement au début des années 50. L’équipage par Vaux et Forêts chassait
    une fois par semaine de mi-Septembre à fin Avril et le nombre de prises était très limitée (environ 7 cerfs étaient pris à courre au cours de cette période). Il n’était pas rare de chasser à
    plusieurs reprises le même cerf qui échappait de plus en plus facilement à la meute avec l’expérience (mon interlocuteur se souvient d’un cerf qui ne portait qu’un seul bois qui a été chassé au
    moins 4 fois au cours de l’année …). J’ai posé la question de savoir si l’équipage avait fini par prendre les cerfs réintroduits …. Mon interlocuteur se souvient que d’un seul cerf qui avait
    été attaqué par un autre équipage en forêt d’Hallate et qui est venu se faire prendre en forêt de Compiègne … Les veneurs ont été surpris de constater que le cerf portait la fameuse marque. La
    population du massif de Retz a continué de croitre et les animaux ont peu à peu colonisé le massif de Compiègne recréant au bout de quelques années une population stable et plus nombreuse.
    L’équipage par Vaux et Forêts s’est définitivement installé à Compiègne et s’est mis à chasser deux fois par semaine le mercredi et le samedi. En 1961, le baron de Rothschild décide d’arrêter de
    chasser à courre et c’est sa fille Monique qui a repris l’équipage, en a changé le nom et les statuts ….

    1. niddanslaverdure

      Merci Didier pour toutes ces explications et précisions.

      Afin que tout le monde puisse en profiter je l’ajouterai à un article. Je vais étudier comment le placer, car là j’aborde Duvauchel et j’en ai pour un moment.

  2. Grand merci à Didier C pour ces commentaires bien documentés , en tout cas plus précis que les souvenirs de ma chère Grand-Mère.

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