Gymnastique à l’école en 1921/1922

A la suite de nos précédents articles sur le sujet, une de nos fidèles lectrices nous apprend qu’aux lendemains de la guerre de 14/18 son père, Marcel S…, qui effectuait en 1921/22 son service militaire au 54e régiment d’infanterie stationné à Compiègne, avait été désigné en raison de ses compétences sportives, comme professeur d’éducation physiques dans les écoles du canton.


Marcel-S-.jpgA l’époque, champion de Paris en athlétisme, le manque d’enseignants dû aux ravages de la guerre, le désignait particulièrement à exercer cette activité. Notre lectrice nous précise que son père se souvenait bien de Saint Jean et Vieux Moulin où il était venu durant ces années d’après guerre.


Les archives municipales ne nous donnent aucune précision sur la question.


Il faut, dans la mesure ou c’est possible, se placer dans le conteste de l’époque. Nous avons vu comment avant la guerre de 1914/18 la militarisation de la jeunesse avait pris de l’importance. En 1905, le Ministère de la guerre avait créé le brevet d’aptitude militaire qui était intégré à l’école.


Pendant la guerre l’éducation physique à l’école n’existe plus.


Sans analyser ici les conséquences globales de la guerre et de son bilan, tenons nous en à ses conséquences sur l’éducation physique.


La France est partagée. Certains sont pour le changement et donc l’interdiction de l’instruction de l’éducation physique à l’école. Les autres disent que la solution appliquée avant la guerre est la bonne, puisque la France a gagnée.


Les défenseurs d’une conception sportive n’arrivent pas à s’imposer pour plusieurs raisons :


Marcel-S-au-milieu-de-son-club.jpg1° L’assemblée nationale, constituée majoritairement d’anciens soldats décide d’une éducation physique militaire, bien que l’opinion publique pense qu’elle ne doit plus appartenir à l’armée.


2¨ Il n’existe pas de méthode d’enseignement, donc des difficultés pour l’instaurer à l’école.


3° Il existe un mouvement critique important convergeant vers le sport. On dénonce la spécialisation, le surmenage, les dangers du sport pour la femme.


Une crise oppose un courant conservateur, militaire à un courant moderniste qui veut que l’éducation physique devienne sportive. En 1921 l’armée crée un sous secrétariat de l’état au ministère de la guerre, tandis que pour combattre cette décision un sous secrétariat d’état est créé au ministère de l’instruction publique.


L’éducation physique est donc gérée par deux ministères. Le gouvernement doit choisir : ce sera la solution moderniste.


Pourquoi ?


Une nouvelle génération d’hommes politiques apparaît (rupture culturelle).


Le sport a été testé dans les écoles. En politique, on prend conscience du rôle du sport comme vitrine d’un pays. Le sportif devient un ambassadeur des Nations.

 

M.-Rene-Fontaine-et-ses-eleves.gif


L’opinion publique est pour la modernité. La presse sportive devient la plus importante en France. Les sports les plus populaires sont les sports équestres, le cyclisme, le foot, rugby, boxe, natation et tennis.


Ce qui fait définitivement pencher la balance du côté des sportifs, ce sont les J.O. de 1924 attribués à Paris comme récompense de la guerre.


Voilà dans quel contexte, le jeune Marcel S… se trouve, sans le savoir, lui sportif civil, confronté à une décision militaire, durant son service, qui l’envoi dans les écoles, dont celle de Saint Jean aux Bois.


L’enseignant à ce moment était monsieur René Fontaine. Comme vous pouvez le constater d’après la photo, il pouvait y avoir foule à ces cours d’éducation physique.


 

Source : Histoire de l’éducation physique sportive et divers.

http://le-canard-dechaine.perso.libertysurf.fr/Histoire%20de%20L’EPS.htm

4 réflexions sur “Gymnastique à l’école en 1921/1922”

  1. Bravo Robert pour cet article fort bien documenté comme d’habitude, très touchée par ce bel hommage à mes parents

    1. niddanslaverdure

      Très heureux que tu sois satisfaite de cet article. Au départ ce n’était pas évident et j’ai cherché comment faire quelque chose qui se tienne. Je vois à travers ta satisfaction que j’ai pas trop
      mal réussi.

  2. Etienne Régnier

    Très heureux ( et surpris ) d’apprendre que le père de notre amie Françoise avait donné des cours de gym à St Jean dans les années 20… le monde est petit!

    1. niddanslaverdure

      Et moi je suis heureux que des lecteurs du site participent par des anecdotes de ce genre à la rédaction d’articles.

Les commentaires sont fermés.

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