Dora Maar

 

Henriette Théodora Markovitch, née le 22 novembre 1907 à Paris, est la fille unique de Joseph Markovitch architecte croate qui s’installe en 1896 à Paris et de Julie Voisin originaire de Tours.


En 1910, la famille part pour Buenos Aires. En 1926, elle revient à Paris.


imgres.jpegDora Maar, pseudonyme qu’elle se choisit, suit les cours de l’Union centrale des arts décoratifs et de l’école de la photographie. Elle s’inscrit également à l’académie Julian, à l’école des Beaux-Arts qui a l’avantage d’offrir le même enseignement aux femmes qu’aux hommes. Dora Maar fréquente l’atelier d’André Lhote ou elle rencontre Henri Cartier-Bresson.


L’atelier cesse ses activités, et Dora Maar part, seule, à Barcelone puis à Londres où elle photographie les conséquences de la dépression économique consécutive à la crise boursière de 1929 aux Etats-Unis. A son retour, et avec l’aide de son père, elle ouvre un autre atelier au 29 rue d’Astorg (Paris 8e).


Début 1930, elle installe un atelier de photographie rue Campagne-Première (Paris 14e) avec Pierre Kéfer, photographe et décorateur pour le film de Jean Epstein, La chute de la maison Usher (1928). Elle fait la connaissance de photographe Brassaï avec qui elle partage la chambre noire de l’atelier. Dora Maar rencontre Louis-Victor Emmanuel Souger, photographe travaillant pour la publicité, l’archéologue et directeur artistique du journal L’Illustration (1930).


En 1932, elle a une liaison avec le cinéaste Louis Chavance. Dora Maar fréquente le groupe Octobre, formé autour de Jacques Prévert et Max Morice après leur rupture avec le surréalisme.


Sa première exposition personnelle est organisée à la Galerie Vanderberg à Paris. Par l’intermédiaire d’une association d’extrême gauche, Masses, dirigée par René Lefèvre et administrée par Jacques Soustelle, ouverte aux marxistes et non marxistes, avec le soutien, notamment, de Simone Weil, elle rencontre Georges Bataille membre de cette association. Après les manifestations fascistes du 6 février 1934 devant l’Assemblée nationale, elle signe le tract Appel à la lutte rédigé à l’initiative d’André Breton.


Fin 1935, Dora Maar est engagée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, le crime de monsieur Lange. C’est à cette occasion que Paul Eluard lui présente Pablo Picasso. Leur liaison durera près de neuf années, sans que Picasso ne rompe pour autant sa relation avec Marie-Thérèse Walter, avec qui il a eu une fille, Maya.


File-Dora_Maar-copie-1.gifDora Maar photographie les étapes successives de la création de Guernica, tableau que Picasso peint dans son atelier de la rue des Grands Augustins de février à mai 1937. Parallèlement, elle est le principal modèle de Picasso qui la représente le plus souvent en larmes. Elle-même réalise plusieurs autoportraits intitulés La Femme qui pleure.


Sa liaison avec Picasso s’achève en 1943, bien qu’ils se revoient épisodiquement jusqu’en 1946. En 1944, par l’intermédiaire de Paul Eluard, Dora Maar rencontre Jacques Lacan qui la soigne de sa dépression nerveuse. Picasso lui achète une maison à Ménerbes, dans la Vaucluse. Elle s’y retire, y vit seule, se tourne vers la religion catholique, rencontre le peintre Nicolas de Staël qui habite le même village.


L’œuvre peint de Dora Maar est resté méconnue jusqu’à la vente posthume, organisée en 1999, qui fit découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n’avait jamais quitté son atelier. Dora Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso.


C’est à partir de la douloureuse séparation d’avec Picasso qu’apparaît vraiment Dora Maar peintre. Les œuvres tragiques figuratives comme Portrait d’Eluard ou Autoportrait à l’enfant (1946), traduisent dans une palette sombre la douleur des années d’après guerre.


Après des années de lutte entre dépressions et mysticisme, l’enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 60 à 70, avec des Grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c’est à partir des années 80 que le peintre s’exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Lubéron.

 

Elle décède le 16 juillet 1997 à Paris.


Source : extraits de Wikipédia http://fr.wikipédia.org/wiki/Dora_Maar



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