Les registres d’état civil (suite)

3ème article


Donc ce jour du 28 octobre, après avoir récupéré les registres, G. Leduc maire écrit à la suite de l’acte de baptême du 10 octobre signé du curé Bonvalot : “Clos et arrêté le dimanche vingt huit octobre l’an premier de la République” *.


1792-8.jpgL’acte qui suivra sera rédigé et signé de l’officier de l’état civil F. Renard. Il constate une naissance ayant eu lieu la veille du mercredi 12 décembre 1792. Ainsi nous voyons sur la même page du registre se côtoyer un acte rédigé selon les coutumes de l’ancien régime et un acte rédigé selon les lois de la république.


La déclaration est faite par le père de l’enfant accompagné de deux témoins dont l’un est une femme ; Anne Magniant de La Brévière.


Nous aurons alors des actes très étoffés concernant l’état civil des parents, des jeunes mariés et des défunts. Peu de modifications interviendront jusqu’à l’adoption du code civil en 1807 qui est un compromis entre les anciennes coutumes, le droit romain et le droit révolutionnaire.


TitreII-copie-1.jpgEn ce qui concerne l’organisation de la famille, le code maintient certains des principes proclamés à l’époque révolutionnaire, notamment l’état civil, indispensable à la conscription, la sécularisation du mariage et le divorce. Mais, alors que les lois révolutionnaires tendaient à faire régner dans la famille comme dans l’État, la liberté, et l’égalité, le code civil organisa la famille à l’image de l’Empire, c’est-à-dire sur le principe d’autorité.


En vertu de ce code, la femme non mariée n’est plus considérée comme l’égale de l’homme. Par exemple, elle ne peut-être témoin pour un acte d’état civil.


Lorsque la femme se marie, elle peut être soumise à divers régimes matrimoniaux, mais tout la place sous l’autorité absolue de son mari. (Nous en avons déjà parlé)

 

* Pour la petite histoire, nous remarquons que les édiles de Saint Jean étaient novateurs. En effet, le calendrier républicain ne fut effectif que le 22 septembre 1793, c’est-à-dire un an après que la Convention eut aboli “l’ère Chrétienne” pour la remplacer par “l’ère des Français“, soit le 22 septembre 1792, date de la fondation de la République. Ce qui explique l’absence de “l’An I” sur les documents … sauf sur celui que G. Leduc rédige en 1792 pour la municipalité et qu’il date du : ” vingt-huit octobre, l’an premier de la république française“.

à suivre


3 réflexions sur “Les registres d’état civil (suite)”

  1. Quand je pense qu’avant de nous marier j’avais mon compte en banque et qu’ensuite il a fallu que j’ai une autorisation du mari pour retirer de l’argent du compte qui était
    initialemnt le mien §

    1. C’est l’application du code dit Napoléon que tu as vécu là. Si tu avais eu un bien, même venant de tes parents, que tu aurais eu envie de vendre, c’est ton époux qui l’aurait vendu. Il t’aurait
      simplement autorisé à le faire. Même plus il pouvait décider lui-même de le vendre sans que tu sois vraiment d’accord. Tu aurais “accepté” en femme soumise.

      La femme réduite à néant.

      Même si nous avons pu constater quelques améliorations depuis, la femme est loin encore d’être l’égale de l’homme. Et dans la tête de quelques uns c’est loin d’être gagné.

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