Les registres d’état civil

 

1er article


Le 28 octobre 1792, en vertu de la loi du 20 septembre de ladite année « qui détermine le mode de constater l’état civil des citoyens », Georges Joachim Leduc (premier maire de Saint Jean) accompagné de Firmin Renard (instituteur, secrétaire greffier de la commune) se rendent dans les locaux de la sacristie afin de récupérer les archives des chanoines concernant les registres paroissiaux sur lesquels étaient notés les baptêmes, mariages et sépultures des habitants de la commune.


1-E-1-Baptemes-et-naissances-Originaux-1.jpgIls constatent “qu’ils ont trouvé en bon état lesdits registres commencés en 1619 et finissant en 1792″.


Le même jour Firmin Renard est élu officier public d’état civil.


À ce moment, à dire vrai on ne peut parler de véritables registres, puisque ce n’est qu’en 1843 que l’état civil sera relié sous la forme où ils sont parvenus jusqu’à nous.


La volonté de constater l’état civil des individus n’était pas nouvelle.


Par son ordonnance de 1539 signée à Villers Cotterêts, François 1er instaure, entre autre, “que les baptêmes, mariages et sépultures seront inscrits sous forme de registres rédigés et conservés par les autorités religieuses, principalement “l’Eglise catholique romaine.


Suivront les ordonnances royales de 1579, 1629 et 1667, qui chaque fois reviennent sur les règles à tenir, preuves que beaucoup de curés s’en acquittaient avec beaucoup de négligence. Ce n’est qu’avec l’ordonnance de 1667, que commence à se tenir dans chaque paroisse des registres en règle.


Cependant une question subsiste concernant Saint Jean, question non résolue à ce jour et qui ne le sera sans doute jamais.


1-E-1-Baptemes-et-naissances-Originaux-2.jpgLes registres conservés commencent en 1650, alors que Georges Leduc et Firmin Renard affirment avoir trouvé des registres commencés en 1619. Plus troublant encore est le texte qui en préambule ouvre le premier registre qui précise que celui-ci “commence dès l’année 1650 en vertu du pouvoir accordé par monseigneur le révérend évêque de Soissons, ses ordonnances datées du deuxième septembre 1649″, alors qu’il est écrit plus loin que “cette église a le droit d’administrer les sacrements et la sépulture aux domestiques et habitants de l’une et l’autre cour de ladite abbaye par la bulle de Paul V du 22 mai de l’an 1620″. Les abbesses encore présentent à ce moment ont-elles appliqué ce droit, où ne l’ont-elles pas utilisé ?


Georges Leduc et Firmin Renard ont-ils mal interprété le texte ou bien les feuillets ont-ils été égaré par la suite ? Que s’est-il passé entre 1619 et 1650, nous ne pouvons répondre à la question.


Un autre point est troublant. Le registre des baptêmes de 1650 est écrit, pour les dix premières années, par la même main comme si les actes, réduits au minimum, avaient été recopiés d’une autre source.


De plus, ce qui ne facilite pas les choses, les 35 premiers feuillets ont été reliés dans un désordre invraisemblable. Une main inconnue a par la suite remis de ordre dans les pages par une numérotation chronologique tracée au crayon bleu.

 

1-E-1-Baptemes-et-naissances-Originaux-3-copie.jpg


Autre fait qui laisse dubitatif. En 1769, c’est-à-dire 23 ans avant que G. Leduc récupère les registres, un abbé dénommé Dubois entreprend de récapituler sur un registre, parvenu jusqu’à nous, tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures, chaque rubrique étant classée par ordre alphabétique. Or ce registre débute en l’an 1650.


Quoiqu’il en soit, faute d’autres éléments, cette date de 1650 est celle retenue pour considérer l’état civil de la population de Saint Jean aux Bois.

 à suivre


2 réflexions sur “Les registres d’état civil”

  1. Les archives devaient se balader un peu. Je ne sais pas chez vous mais il y avait aussi le feu qui jouait un grand rôle.

    C’est vrai qu’il y a quand même des faits troublants.

    1. Contrairement à ce que je pensai au départ les archives étaient bien conservées avec pratiquement aucune perte. Au fil du temps des inventaires ont été fait. Le plus ancien remonte aux années
      1850. Comparé à aujourd’hui elles y sont toutes.

      Ce n’est pas partout pareil aux dires de personnes que j’ai rencontré et qui faisaient le même travail que moi.

      Pas de trace d’incendie à Saint Jean. 

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