Inventaire des biens de l’église (2)

 

Intéressons nous en premier lieu au maître autel qui est la pièce la plus importante du mobilier.

 

Le maître-autel de l’église abbatiale.

 

 

C’est à l’occasion de la messe de la St Hubert du 5 novembre 1955, que présidait monseigneur l’évêque de Beauvais, invité par M. de Rothschild, que fut béni le nouvel autel majeur de l’abbatiale, œuvre du sculpteur local, Georges Muguet*.

 

sap01_mh009228_p---copie-copie.jpgL’installation de ce nouvel autel, dont nulle délibération ou discussion n’est fait mention dans les conseils municipaux de l’époque, résultait sans doute de l’initiative personnelle du chanoine Coulaud, comme il lui arrivait souvent de le faire.

 

L’ancien autel, à défaut d’un passé prestigieux, avait néanmoins une histoire que l’on ne peut passer sous silence.

 

Courant août 1822, le maire M. Leduc, reçoit de ” La maison du roi, Conservation de Compiègne “, une lettre datée du 5, ainsi rédigée :

 

Monsieur le maire,

Son excellence le ministre de la maison du Roi a bien voulu accorder pour l’église de votre commune l’autel qui se trouve dans la chapelle de St Nicolas de Courson.

Je suis chargé de vous en faire la délivrance et aurai l’honneur de vous prévenir du jour où elle aura lieu.

Veuillez donner avis à M. le curé de la décision de son excellence.

J’ai l’honneur… “

 

sap01_lp007531_p.jpegÉvidemment cet autel, pour trouver des dimensions dignes de l’église dut subir quelques transformations. Ce furent des entreprises de la région qui furent chargées par le maire d’exécuter ces travaux.

 

L’entreprise Drolin, marbrier à Compiègne, la facture nous apprenant que l’autel est de marbre blanc, le rallonge de 1 pied 6 pouces (environ 0 m 50) et effectue divers autres travaux.

 

La fabrique de l’église commande à M. Poisson, sculpteur à Noyon, quelques embellissements, entre autre une frise et des fleurs de lys.

 

M. Boivier, serrurier à Pierrefonds, effectue de menus travaux.

 

Nous trouvons ensuite des “ouvrages de menuiserie que nous Hermerie menuisier à Pierrefonds avons fait et livré pour le grand autel de l’église de St Jean, en l’année 1823

 

Il s’agit notamment de “deux retours du devant de l’autel de chacun trois pieds carrés, en bois de chêne avec des plinthes en marbre, pour le tabernacle en bois de chêne, derrière et côtés d’assemblage affleuré en devant avec ses tours en corniche“. Travaux payés par M. Le Roi, marguillier trésorier de la fabrique de l’église.

 

Enfin, toujours au compte de la fabrique M. Héritier façonna, posa et scella les pierres destinées à supporter l’autel.

 

Ces travaux pour la somme globale de 418 francs 50 c.

 

C’est ainsi que cet autel de 1823 à 1955, présida aux nombreuses messes et cérémonies célébrées dans l’église.

 

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Qu’est-il ensuite devenu ? Nous n’en trouvons pas trace et c’est bien dommage. A-t-il fini, comme de nombreux objets qui ont fait leur temps dans une décharge publique ? Reste toute la question.

 

C’est vers époque que disparue la grille de séparation du chœur et de la nef. 

 

* Monsieur Muguet avait son atelier à Saint Nicolas de Courson.

 

Photo “vers 1900” . Saint Jean aux Bois. Eglise Intérieur Chœur vers le nord est.  Ministère de la culture.  Auteur : Lefèvre-Pontalis Eugène.  Négatif noir et blanc ; gélatino-bromure Support verre.  Réf. APLP 007531. Avec l’aimable autorisation de monsieur J.D. Pariset, directeur de la médiathèque de l’architecture et du patrimoine.


L’auteur de la photo, Eugène Lefèvre-Pontalis, historien de l’architecture et archéologue, né à Paris en 1862, est mort dans sa propriété de Vieux-Moulin le 31 octobre 1923.

 



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