Les changements du centre historique

I – Peu de changements à Saint Jean aux Bois.

PAGE-145C’est sur une période relativement courte que le Saint Jean aux Bois historique s’est transformé pour prendre l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. Cette période peut se situer entre 1840 et 1865.

Auparavant rien n’avait réellement changé. Les habitants vivaient comme ils avaient toujours vécu c’est-à-dire misérablement et sans grands besoins.

 

En 1810 fut construite une école le long de la nef côté nord, mais le reste était resté dans l’état où il était du temps des moines. Le conseil municipal gérait la commune, tant bien que mal, avec des moyens financiers limités, les impôts étant à la hauteur des ressources de ses habitants.

 

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À partir de 1804, le Conseil municipal, conscient de la situation déplorable de son école et des conditions matérielles dans lesquelles vit et travaille son instituteur, Firmin Renard, lui accorde une compensation sous la forme d’une indemnité annuelle de logement.

 

PAGE-146---copieAvec l’arrivée de Jean Michel Renard, fils du précédent, les choses vont se modifier, ne serait-ce que par les conditions matérielles dans lesquelles il allait travailler.

 

Lors de la séance du 6 avril que le Conseil municipal décide d’entreprendre la construction d’une “maison d’école”.

 

Mais comme à cette époque, le budget de la commune ne compte que des recettes minimes qui permettent tout juste de faire face à des dépenses indispensables, le conseil est ” d’avis d’accepter pour ladite construction la souscription volontaire faite par les habitants de payer chacun six francs par ménage mais comme cette souscription ne peut suffire pour payer la totalité de ladite maison » le Conseil demande au préfet « d’autoriser le maire à toucher la somme de deux cent quatre vingt onze francs cinquante trois centimes qui est dans la caisse du percepteur et qui est disponible ». 


PAGE-146---copie-2Le préfet autorise la construction de l’école le 30 janvier 1811.

 

Outre l’aide des habitants ce fut un charpentier, qui construisit l’école. C’est le long de la face nord de la nef de l’église qu’elle fut construite, adossée sur un côté au mur du transept.

 

Le dessin de Jean Baptiste Aubry-Lecomte datant de 1835 montre bien cette école.

 

Grâce au métré réalisé en 1845 par l’architecte de la nouvelle école, en vue de sa démolition, nous connaissons les dimensions exactes de celui-ci.

 

Le rapport établit à cet effet constate ” que l’édification en est sur dix mètres trente centimètres de longueur, sur cinq mètres trente-cinq centimètres de largeur, et que la hauteur réduite prise du pied de l’embase jusqu’au-dessus de l’entablement pour le mur de face et celui de pignon était de trois mètres quarante centimètres, sur 0 m 48 d’épaisseur. La construction en pierres de taille et moellons ; la charpente en chêne, tant pour le comble que le plancher et la couverture en tuiles“.

 

PAGE-146---copie-3Les marques que l’on observe encore de nos jours sur les murs de l’église, nous permettent de situer l’emplacement exact de ce bâtiment.

 

Celui-ci possédait, par son milieu, une cheminée en pierres et briques. Le sol était recouvert de pierres de dallage et de carrelage. Dans les combles il existait une lucarne. Le mur donnant sur la place était percé de deux croisées et de deux portes avec supports vitrés.

 

Le rez-de-chaussée du bâtiment était divisé en deux parties ; l’une réservée à la salle de classe, l’autre moitié servant de logement à l’instituteur et sa famille.

 

Cette première école bien que modeste, offrît à l’instituteur et aux élèves des conditions de travail bien différentes de celles qu’ils avaient connues jusqu’alors (voir article « l’école » 1794).

 

PAGE-146Toutefois, les élèves devenant plus nombreux, elle s’avérera rapidement (en raison de sa petitesse), incapable de contenir la moitié des élèves qui se trouvaient dans la commune.

 

Le manque d’ouvertures nécessaires, sans qu’il soit possible d’en créer d’autres, générait une insalubrité permanente. En raison de son positionnement, cette école se trouvant en angle et appuyée au nord de l’église, était de ce fait continuellement privée de soleil. Le logement insuffisant de l’instituteur, souffrait des mêmes conditions.

 

À cause de sa position, les frais de réparation devenaient de plus en plus importants.

 

Pourtant, avec tous ces inconvénients, cette école fonctionna ainsi près de trente-cinq ans.

 


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