Les mots d’excuses

 

Certains appuyaient leurs demandes par des arguments plus élaborés, tel monsieur Rollet.

Les mots d’excuses

Que disait cet art. 15 (1er paragraphe) dont il est ici question ?

 

« La commission scolaire pourra accorder aux enfants demeurant chez leurs parents ou leur tuteur, lorsque ceux-ci en feront la demande motivée, des dispenses de fréquentation scolaire ne pouvant dépasser trois mois par année en dehors des vacances. Ces dispenses devront, si elles excèdent quinze jours, être soumises à l’approbation de l’inspecteur primaire. »

 

Apparemment ce monsieur Rollet s’était adjoint de bons conseils pour faire sa demande, car il est peu probable que la majorité des habitants de Saint-Jean aient eu une telle connaissance du contenu de la loi de 1882.

 

D’autres ne s’embêtent pas de telles considérations pour justifier l’absence de leurs enfants, se contentant de la signaler sans en préciser les motifs.

Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses

Les mots d’excuses

 

Absences pour apporter une aide aux parents. Travaux à la maison (Pour les besoins de la maison). Pour les travaux extérieurs (Récoltes diverses, plantation, « plantage » de pommes de terre, etc.).

Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses

Les mots d’excuses

 

Il y a d’abord les mots d’excuses pour cause de maladie. Ce sont les plus fréquents, en particulier l’hiver.

Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses

Ou pour la maladie d’un parent.

Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses

Absences dues en raison du mauvais temps, en particulier de la neige.

Les mots d’excuses
Les mots d’excuses
Les mots d’excuses

Absences pour apporter une aide aux parents. Travaux à la maison (Pour les besoins de la maison). Pour les travaux extérieurs (Récoltes diverses, plantation, « plantage » de pommes de terre, etc.).

Les mots d’excuses

Les mots d’excuses

 

Lorsque pour une raison quelconque un élève ne pouvait se rendre en classe, un mot d’excuse devait-être rédigé par les parents, sur lequel était exposé les motifs de cette absence.

 

Les archives communales contiennent un dossier où sont conservés 274 de ces mots d’excuses.

 

La majorité de ces mots sont datés de la période où M. Rondel a exercé, c’est-à-dire entre 1881 et 1892.

 

Nous en retrouvons 5 pour la période de Mlle Guillaume au début des années 1923.

 

L’essentiel de ces mots d’excuses portent sur des absences pour cause de maladie (indispositions, rhumes essentiellement).

 

Absences pour apporter une aide aux parents. Travaux à la maison (Pour aider la mère dans ses travaux ménagers). Pour les travaux extérieurs (Récoltes diverses, plantation, « plantage » de pommes de terre, etc.).

 

Absences pour cause de maladie d’un parent, d’un frère, d’une sœur.

 

Absences pour voyages chez des parents hors de St Jean.

 

Absences en raison de noces, baptêmes, enterrements, communions, fêtes.

 

Absences dues en raison du mauvais temps, en particulier en présence de la neige.

 

Quelques-uns sont d’une simplicité émouvante comme celui-ci daté de 1887.

Les mots d’excuses

Ces mots d’excuses sont adressés soit à l’instituteur, M. Rondel nommément, à l’inspecteur, au Maire ou à la commission scolaire. Cette dernière les examinait et donnait son avis et il arrivait souvent, lorsque les raisons évoquées ne lui paraissaient pas satisfaisantes, de faire des observations aux parents leur rappelant la nécessité d’être assidu à l’école, la scolarisation étant obligatoire.

 

De nombreux parents ne comprenait pas toujours cette obligation, eux qui, pour la plupart avaient une instruction relative et qui avaient passé une enfance partagée entre l’école et les travaux aux champs ou en forêt, et pour les filles auprès de la mère et de ses frères et sœurs en bas âge.

à suivre…

Au sujet de la rétribution scolaire

 

Cette rétribution a été évoquée dans un précédent article. Elle servait à assurer en partie le salaire de l’instituteur et son montant figurait en tant que recette dans le budget communal (voir délibération ci-dessous).

 

Chaque année, sur la base d’une délibération du conseil départemental de l’instruction publique, le conseil municipal était amené à délibérer sur les dépense liées à l’instruction primaire et a fixer, sur la base des recommandations de cette délibération, le montant de cette rétribution.

Au sujet de la rétribution scolaire
Au sujet de la rétribution scolaire

C’est la loi du 16 juin 1881 sur la gratuité absolue de l’instruction primaire qui supprimera cette rétribution. Deux circulaires préfectorales en rappellent l’application.

Au sujet de la rétribution scolaire
Au sujet de la rétribution scolaire

Instruction publique (archives suite)

 

En 1966, la caisse des écoles comptait encore de nombreux adhérents comme en témoigne la liste ci-dessous.

Instruction publique (archives suite)

Comme toute association bien organisée, la caisse des écoles remettait à chacune et chacun de ses adhérents sa carte de membre.

Instruction publique (archives suite)

Afin de recueillir un grand nombre de dons, la caisse des écoles ratissait large.

 

A titre d’exemple, comptait-elle dans ses rangs, entre autre.

Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)

Instruction publique (archives suite)

 

Entre le 22 juillet 1941 et le 16 novembre 1943, date du dernier procès-verbal enregistré dans cette période de guerre, la caisse des écoles tient huit réunions.

 

Effectivement comme le souligne la délibération du conseil l’activité essentielle de la caisse des écoles sera de se préoccuper d’assurer aux élèves les fournitures scolaires, face à la pénurie de livres et de cahiers.

Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)

C’est surtout au travers de la comptabilité de la caisse des écoles que ses activités sont recensées.

 

Elle aura à son actif le noël des élèves, la fête des mères et la collecte de dons en faveur des prisonniers de guerre. Par exemple en 1942, 722 frs sont remis aux familles de prisonniers, 600 frs au noël 1943 et 2500 frs le 13 mars 1945 sur le livret des prisonniers.

 

Ses recettes sont assurées par les adhérents qui sont toujours aussi fidèles, des dons, des recettes de diverses manifestations, des quêtes réalisées à l’occasion de mariages. Ainsi nous notons que le 14 mars 1942, 410 frs ont été collectés à l’occasion du mariage Billoré Oléon.

 

Toutes ces actions se déroulent sans que le bureau se réunisse une seule fois. Entre le 16 novembre 1943 et  le 11 décembre 1945, ce sont deux années d’inaction du bureau.

 

A compter de cette dernière date les P.V. enregistrés le bureau de la caisse des écoles retrouve une activité un peu plus régulière. Si nous notons une assemblée en février 1946, une en mai 1947, la suivante n’a lieu que le 10 juin 1950. Si 1951 à la sienne, il n’y en a pas en 1952. Si nous en notons trois pour l’année 1953 et une pour 1954, la suivante n’a lieu que le 15 janvier 1957. Il y en a une en 1958, mais pas en 1959. Le dernier P.V. étant daté du 25 mars 1960.

 

C’est une fois encore à travers la comptabilité qu’apparaît l’activité de la caisse des écoles. Cependant celle-ci s’arrête au mois d’octobre 1966. Nous notons que la totalité des montant de la caisse à été remise au percepteur.

Instruction publique (archives suite)

Nous notons encore en 1966 le voyage de fin d’année scolaire à Orly et Versailles pour les scolaires et leurs parents. Une photo nous montre une partie du groupe à Versailles. 

Instruction publique (archives suite)

Cette année 67 fut-elle la dernière, ou bien la caisse dura-t-elle jusqu’à la disparition de l’école en 1972. Aucun écrit ne reste à ce sujet. Nous reste la mémoire de ceux qui ont vécu cette période et qui ne manqueront pas de nous fournir la fin qui nous manque.

à suivre…

Instruction publique (archives suite)

 

En 1939 cette liste est encore importante puisque nous y notons 50 membres.

Instruction publique (archives suite)

 

Après 1937 les comptes rendus moraux disparaissent, seuls les comptes rendus financiers figurent sur ce cahier jusqu’en 1940.

 

A cette époque est établi une liste de matériel appartenant à la caisse des écoles.

 

Instruction publique (archives suite)

C’est ici que nous retrouvons le premier registre sur lequel figure l’assemblée générale du 22 juillet 1941.

Instruction publique (archives suite)

Cette assemblée fait suite à la parution d’une circulaire préfectorale parue dans le recueil des actes administratifs du département en date du 1er avril 1941 qui précise que : « La loi du 17 octobre 1940 a confirmé l’obligation faite à toutes les communes par l’article 15 de la loi du 10 avril 1867, de posséder une caisse des écoles. Les maires sont invités à prendre toutes dispositions pour la mise en fonctionnement de ces caisses. Joint la contexture du statut-type d’une caisse des écoles ».

 

Le conseil municipal du 8 juin 1941 avait décidé de se conformer à cette loi.

Instruction publique (archives suite)

à suivre…

Instruction publique (archives suite)

 

Plus aucun procès-verbal ne figure sur ce registre jusqu’au 22 juillet 1941.

 

Une délibération du conseil municipal nous apprend que la date de la fête des écoles pour l’année 1936 à lieu le 9 août et que l’organisation en est confiée à l’instituteur. 

 

Pourtant un autre cahier ouvert par monsieur Condette instituteur en 1932, prouve que cette association continuait à vivre. Ainsi fin 1936, 1937 nous pouvons y lire les comptes rendus moraux et financiers de chacune de ces années année.

Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)

En 1937, parmi les nombreuses activités, nous notons une sortie à Dieppe organisée pour les élèves ayant réussi le C.E.P.

 

Une liste des membres honoraires fondateurs et souscripteurs pour les années de allant 1934 à 1937 incluse, prouve que de nombreux habitants se souciaient de l’activité de la caisse des écoles et que celle-ci fonctionnait toujours.

 

Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)
Instruction publique (archives suite)

à suivre…

Instruction publique (archives suite)

 

Les commissions scolaires étaient en fait l’application d’une circulaire préfectorale en date du 25 avril 1882. Cette circulaire entrait dans le cadre de la loi du 16 juin 1881 sur l’instruction primaire. Le conseil municipal avait été amené à en délibérer.

Instruction publique (archives suite)

L’assemblée générale de la caisse des écoles du 3 juin 1934 s’attache surtout à la désignation des membres qui animeront la caisse des écoles. Messieurs Langelez Arthur, maire, président de droit ; Tourneur Louis, adjoint, vice-président ; le docteur Bresset, délégué cantonal ; Lemaire Henri, Tourneur Aimé et Cléry Alexandre, membres de la commission scolaire ; Blotière Arsène, secrétaire ; Bobinet Benjamin et Condette Jean, instituteur, trésorier. Ce bureau essentiellement composé d’hommes s’adjoint cependant hors cadre, un certain nombre de femmes, pour la circonstance appelées « Dames patronnesses ». Mesdames Veuve Langelez Désiré, Hammel, Lanoé, Pinnington, Melle Basselart.

 

Ce registre s’étend du 3 juin 1934 au 25 mars 1960, date de sa clôture.

 

Dès le départ la caisse des écoles se montre très dynamique, initiant des activités dont certaines peuvent s’étendre aux habitants du village. Ainsi lors de sa première réunion, le 25 juin 1934, le comité décide : « qu’il sera fait une distribution de prix à la fin de l’année scolaire avec fête enfantine et tombola ».

 

L’instituteur, M. Condette, « soumet le projet d’achat d’un appareil Ciné Pathé Baby pour permettre de parfaire l’instruction et offrir quelques loisirs intéressants à ses élèves, cette acquisition ainsi que la location des films seraient faites sous le patronage de la société Radio-ciné de Compiègne dont un membre monsieur Beuzard, directeur de l’école Pierre Sauvage, viendrait de temps en temps faire des démonstrations avec un appareil plus important et à la présentation desquelles les habitants de la commune pourraient assister ; après discussion le projet de M. Condette est pris en considération et mis à l’étude ».

 

Dans sa séance du 15 octobre 1934, l’instituteur présente aux membres du comité de la caisse des écoles l’appareil cinématographique. « Après avoir fait dérouler aux yeux des assistants une série de films traitant de différents sujets artistiques, historiques, géographiques et même comiques très intéressants, M. l’instituteur démontre tout ce qu’il pourrait tirer d’instructif et de récréatif pour ses élèves des films très variés qu’il aurait à sa disposition… Le comité très satisfait du fonctionnement de cet appareil, l’état de la caisse permettant actuellement son acquisition donne mission à M. l’instituteur de l’effectuer ainsi que la confection d’un écran et l’abonnement aux films ».

 

Une séance cinématographique peut ainsi être présentée lors de l’assemblée générale du 31 mars 1935 « qui fait la joie de l’assistance ».

 

Lors de la séance du 5 juillet 1935, le maire, président, donne lecture de la lettre de monsieur Arsène Blotière par laquelle « il lui demande de bien vouloir accepter sa démission de secrétaire ».

 

Monsieur Blotière qui avait très mal pris le fait de ne pas avoir réélu conseiller municipal lors des scrutins des 5 et 12 mars précédents, avait estimé « que si on ne lui faisait pas confiance pour être élu au conseil municipal, il n’y avait pas de raison pour qu’on lui fasse confiance comme secrétaire de la caisse des écoles ». Aucun candidat ne se manifeste pour le poste de secrétaire.

 

« Pour les jeux devant avoir lieu le jour du 14 juillet sur la place communale, le comité émet le vœu de voir les enfants de 12 à 15 ans faire une course de bicyclette à laquelle sera attribuée des prix en rapport avec l’âge des concurrents ».

 

La fête scolaire est fixée au 21 juillet 1935.

 

Lors de l’assemblée générale du 16 février 1936 qui a lieu dans la salle de classe « au milieu d’une assistance nombreuse » des films sont projetés dont Crainquebille d’Anatole France. « La séance est levée au milieu de la satisfaction générale ».

 

C’est donc la surprise de lire le compte rendu suivant quelques jours plus tard :

 

Instruction publique (archives suite)

Comme quoi tout ne baignait pas dans l’huile à Saint Jean aux Bois.

 

à suivre…