André Philippe

Depuis plusieurs jours référence est faite à André Philippe dans plusieurs citations. Faudrait-il situer le personnage de façon que vous sachiez de qui il s’agit.

 

André Philippe

 

Grand ami du docteur Bresset, lui-même citoyen de Saint Jean aux Bois dont il fut maire et dont nous parlerons ultérieurement, André Philippe, décédé à Eaubonne le 2 novembre 1949, était entré à l’école des chartes après avoir pensé se consacrer à la peinture. S’il fit siennes les disciplines archéologiques, s’il suit les enseignements de Robert de Lasteyrie et d’Eugène Lefèvre-Pontalis, il ne renonçe pas à la pratique des arts. Il ne se bornait pas à disséquer un édifice pour en déterminer la date et le caractère, il en fixait la pittoresque silhouette en des aquarelles vigoureuses. Il se plaisait à dessiner un objet, appréciant mieux ainsi le travail de l’artisan qui l’avait conçu. Artiste, il l’était dans son port, dans sa manière de concevoir l’existence, dans le choix du décor des lieux où il vivait, dans une certaine fantaisie qui ne nuisit jamais d’ailleurs à la rigueur de ses recherches.


Rue des Plaideurs par André Philippe 1931Né à Clamecy le 29 mai 1875, il fit ses études à Paris. Après avoir consacré sa thèse d’école (1901) aux églises romanes de l’ancien diocèse d’Auxerre, qu’il imprima partiellement dans le bulletin monumental, il choisit la carrière d’archiviste départemental. Il fut d’abord nommé en 1901 aux archives de la Lozère qu’avait quittées, l’année précédente, Charles Porée, dont il suit l’exemple et qui fut son ami. Le Gévaudan était une pittoresque contrée, faite pour lui plaire. Il s’attacha au classement des archives notariales dont il tira une étude sur la baronnie de Tournelle. Il commença l’examen des monuments du pays et en donna quelques monographies.


Mais un poste devint bientôt vacant qui devait satisfaire à la fois ses goûts d’érudit et d’artiste. Ch. Chevreux, qui avait fait une longue carrière à Epinal comme archiviste et conservateur du Musée départemental, venait d’être transféré en 1905 à Rouen, peu avant d’être désigné pour l’inspection générale. Philippe fut chargé de le remplacer. Ainsi demeura-t-il jusqu’en 1937 le dépositaire des riches fonds des abbayes vosgiennes, des belles archives de la ville d’Epinal. Il classa et inventoria les documents des Archives départementales, de même que les séries anciennes et le fond révolutionnaire des Archives municipales. Il dressa, en outre, l’inventaire des sceaux des séries ecclésiastiques de son dépôt (1919). On lui doit la publication de documents extraits de ces séries, notamment des chartes-parties (1924). Il prépara aussi l’édition des plusieurs obituaires d’abbayes vosgiennes.


Conservateur du Musée des Vosges, il ne se contenta pas d’en faire connaître les collections en améliorant leur présentation, il consacra à certaines parties d’entre elles, aux sculptures, aux peintures, aux matrices des sceaux, un inventaire très soigné (1929). Il eut la joie d’exposer, à côté des fameuses collections des Salm et du duc Claude-Antoine de Choiseul, les charmants dessins de maîtres du XVIIIe siècle qui furent légués en 1917 à la ville d’Epinal par le docteur Oulmont.


Promeneur infatigable, André Philippe connaissait à fond son département, il en scruta tous les édifices : il fut un conservateur d’objets d’art accompli. Que de souvenirs a-t-il pu sauver ! Il a composé de nombreuses monographies d’églises, notons spécialement celle de Saint Maurice d’Epinal, ou celles qu’il a publiées dans le volume du Congrès archéologique de 1933. Il a inventorié les armoiries eucharistiques (1926) et les retables aux douze apôtres, déniché dans les tours des églises toutes les cloches anciennes sur lesquelles il a beaucoup écrit. Il savait apprécier sous les voûtes des sanctuaires vosgiens les peintures de saveur populaire, telles les œuvres de Claude Bassot. Aussi, lorsqu’on lui demanda de donner pour la collection Letouzey le répertoire des églises des Vosges, il n’eut qu’à ouvrir ses dossiers pour l’établir.


Au reste, il ne bornait pas ses curiosités au seul département des Vosges et ses voyages furent l’occasion d’études intéressantes : il a profité de ses séjours dans la forêt de Compiègne pour réunir les éléments de son travail sur l’église de Saint Jean aux Bois (1931).


Très mêlé à la vie, d’un naturel accueillant et obligeant, André Philippe a su donner une vive impulsion aux sociétés savantes. Il a été l’animateur du Comité départemental pour la publication des documents économiques de la révolution. Il l’a doté d’un périodique : La Révolution dans les Vosges, publié de 1907 à 1939, où il a édité maints travaux notamment sur les subsistances, sur les représentants en mission. Après la guerre de 1914-1918, il devint président de la vieille Société d’émulation des Vosges, dont il a célébré le centenaire (1924).


Bref, André Philippe peut être cité en bonne place parmi les nombreux archivistes qui, pendant ce demi-siècle, mirent inlassablement au service d’un département dans lequel ils s’enracinèrent leur science, leur talent.


Les rapports entre André Philippe et Saint Jean étaient suffisamment étroits pour que sa fille Simone y épousa le 28 décembre 1931, Jacques Roullet, artiste peintre, lui-même habitant du village, dont l’un des témoins à ce mariage n’était autre que Pierre Bresset.


 

Source : Pierre Marot Bibliothèque de l’école des chartes Année 1950 Volume 108 pages 197-198. Archives municipales de Saint Jean aux Bois.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1950_num_108_1_460284

 

Sommaire-17.jpg


4 réflexions sur “André Philippe”

  1. Etienne Régnier

    Puisque André Philippe était un ami du Docteur Bresset ( maire de St Jean ) et qu’il a travaillé sur les éléments de l’abbatiale; est-ce qu’il a séjourné à St Jean, même brièvement et … à quel
    endroit ? En avons-nous des traces ?

    Merci Robert pour tous ces récits qui nous font découvrir beaucoup de choses intéressantes.  

    1. niddanslaverdure

      Il est évident que pour réaliser ce travail de recherche il a séjourné plus que brièvement à Jean. Si j’avais eu d’autres éléments plus précis je les aurai signalé.

  2. Je me verrais très bien entourée de documents d’archives. Ce serait passionnant, mais quel bazar autour de moi. Pour ranger je serais zéro pointé ! tout au moins maintenant.

    Tu dois passionner le village avec ton site.

    Bisous et bon après-midi.

    1. niddanslaverdure

      Tu as raison c’est effectivement très passionnant de chercher et surtout de trouver des choses nouvelles. Quant au bazar je connais. Je peux dire que le site intéresse, mais au-delà du village
      même. J’ai eu droit lundi dernier à un article d’une demie page dans le « Courrier picard ». Le mois dernier j’ai eu 897 visiteurs. Alors je me plains pas.

      Bonne soirée et bises.

Les commentaires sont fermés.

Retour haut de page