Portrait de Léon Duvauchel par Paul Saïn

 

Nous n’avons aucune trace visuelle du tableau de Léon Duvauchel peint par Paul Saïn. Seule une description nous en est donné par un article paru dans le numéro du mois de juin 1901 de la revue “La Picadie littéraire et traditionniste”, page 274. 

 

Cet article, signé G. Hector Quignon, intitulé “Société des Amis des Arts de l’Oise – Exposition de 1901 – Impressions picardes” nous relate ce salon, inauguré le 29 mai 1901 dans les foyers du théâtre à Beauvais.

 

Il écrit ainsi : “La nature est la grande amie des peintres qui savent la connaître aux heures favorables. Et précisément le poète naturiste de l’Oise qui a chanté la forêt de Compiègne et bien d’autres aspects de terre picarde, Léon Duvauchel, nous accueille à l’entrée du salon. En veston rouge de travail, la cigarette aux lèvres, la figure animée de pensée, les yeux vifs, le voilà tel que le peintre l’a saisi chez lui, au cours des conversations familières, pétillantes de vie. Paul Saïn a fait là un beau portrait, d’un modelé souple et ferme, qui attire l’œil et le retient”.

 

Le même Hector Quignon, président des Amis des Arts de l’Oise, ne se doutait pas que deux ans plus tard il prononcerait un discours en hommage à son ami, au pied du monument dressé dans le petit cimetière de Saint Jean.

 

Paul Saïn (1853 – 1908)


 

Paul_Sa-C3-AFn.jpegPeintre français né en 1853 à Avignon. Après des études à l’École des Beaux-Arts de la ville, il obtient une bourse lui permettant d’entrer aux Beaux-Arts de Paris, dans le prestigieux atelier du célèbre peintre Jean-Léon Gérome en 1877. Il commence à exposer aux Salons peu après son arrivée à Paris, principalement des paysages de marines. Ses racines provençales sont cependant très fortes, et c’est accompagné de ses amis avignonnais qu’il étudie les paysages de la garrigue. Sa reconnaissance croît progressivement, ce qui lui vaut quelques commandes de renom, comme celle de la décoration d’un des restaurants de la Gare de Lyon à Paris, où il réalise, comme à son habitude, des paysages de sa Provence natale. Considéré comme un grand paysagiste, Paul Saïn n’en est pas moins un portraitiste émérite, puisqu’on lui attribue plus de 1500 portraits réalisés au long de sa vie. S’il déménage dans la Sarthe, il reste cependant fidèle à sa région d’origine, comme en témoignent sa prédilection pour les paysages ensoleillés et méditerranéens. Il est inhumé en 1908 à Avignon, après une courte mais prolifique carrière. 

 

 

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Par son testament du 19 février 1923, madame Duvauchel chargeait monsieur Périer, de remettre ce tableau au Musée de Picardie à Amiens.

 

Duvauchel Tableau de Paul Saïn 2

Une lettre de Mme Clémentine Fossé (veu-ve d’Athanase Fossé) en date du 4 juillet 1925 nous apprend que le conservateur de l’épo-que au Musée d’Amiens “a refusé le tableau prétextant un manque de place”, précisant par ailleurs que le musée possédait déjà un médaillon de Duvauchel.

 

Mme Fossé qui rapporte là les propos de M. Périer, précise que la famille fut très froissée de ce refus et “ne veut plus le donner maintenant”.

 

Qu’est devenu ce tableau ? 85 ans se sont écoulés depuis, et ce laps de temps donne peu d’espoir de le retrouver, s’il existe toujours !

 


Source Artprecium. Vente aux enchères d’œuvre d’art pour le texte.

Wikipédia pour la photo (Joseph Uzanne, Figures contemporaines tirées de l’Album Mariani, Librairie Henri Floury, Paris, vol V, 1900, Bibliothèque nationale de France)


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