La maîtresse de couture (2)

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5-novembre-1900-Inspecteur-d-acade-mie-au-Pre-fe-copie-1.jpgLe 5 novembre, c’est l’inspecteur d’académie qui s’adresse au préfet. Après avoir résumé la situation, il précise : « En supprimant le traitement de la maîtresse de couture, la municipalité n’a d’autre but que de priver de l’enseignement de la couture les 15 ou 16 filles de l’école communale afin de contraindre les parents à les placer à l’école privée congréganiste récemment fondée par M. le Maire ».

Puis plus loin : « Tant que l’école de Saint-Jean-aux-Bois est dirigée par un instituteur, et il ne saurait être question, dans les conditions actuelles, de changer le mode de direction, le traitement de la maîtresse de couture est une dépense obligatoire pour la commune.

J’estime en conséquence qu’il y a lieu d’inscrire d’office au budget de la commune de Saint-Jean-aux-Bois un crédit affecté au traitement de la maîtresse de couture en 1901 ».

 

Le 19 novembre le préfet s’adresse au sous préfet de Compiègne le « priant du vouloir rappeler au Maire que le traitement de la maîtresse de couture constitue aux termes de l’article 46 de la loi du 25 juillet 1893 une dépense obligatoire pour les communes possédant une école mixte dirigée par un instituteur et mettre en conséquence le conseil municipal en demeure de rétablir au budget primitif de 1901, le crédit nécessaire au paiement du traitement de cette maîtresse pour ladite année.

Vous voudrez bien ne pas laisser ignorer à cette assemblée que dans le cas où elle persisterait dans son refus je me verrai dans la nécessité de procéder d’office à l’inscription au budget du crédit nécessaire ».

 

Le 24 décembre 1900 le préfet s’inquiète du fait qu’il n’ait pas encore reçu de délibération du conseil de St Jean suite à sa lettre du 21 novembre.

 

Celle-ci avait été prise quelques jours plus tôt, le 16 décembre, et confirme les termes de la délibération prise le 5 octobre.

 

19-janvier-1901-Arre-te--du-Pre-fet-1.jpgLa réaction du préfet ne se fait pas attendre et le 19 janvier 1901 : « Considérant que l’école de Saint-Jean-aux-Bois rentre dans la catégorie des écoles mixtes provisoirement dirigées par des instituteurs, conformément à l’art. 6 § 3 de la loi du 30 octobre 1886 ;

Que l’art. 46 de la loi du 29 juillet 1893 a mis à la charge des communes les traitements des maîtres-ses chargées de l’ensei-gnement de la couture dans ces écoles ;

Que ce traitement constitue dès lors une dépense obligatoire pour la commune de  Saint-Jean-aux-Bois ;

Que l’indemnité annuelle a allouer à la maîtresse de couture de cette commune a été fixée sur la proposition de M. l’inspecteur d’académie à 70 francs ;

Qu’il y a lieu dans ces conditions d’inscrire d’office au budget primitif de 1901, un crédit de pareille somme en vue d’assurer le paiement de l’indemnité en question pour l’année 1901 ;

Le conseil de préfecture entendu :

 

Le budget primitif comporte bien cette ligne – 33 Traitement de la maîtresse de travaux d’aiguilles – pour un crédit de 70 francs.

Mais l’affaire ne s’arrêtera pas là !

Le 9 juin 1901 ; le conseil municipal réunit sous la présidence de M. de Royer décide par neuf voix contre une de réduire à 200 francs le supplément de traitement accordé à M. Devillers, au motif que « l’instituteur de la commune de Saint-Jean-aux-Bois, ne donne pas au conseil municipal toutes les satisfactions qu’il est en droit d’attendre de lui » ; et ajoute qu’en « réduisant ce supplément de traitement de l’instituteur, le conseil espère que cet avertissement paternel suffira et que M. Devillers tiendra à l’honneur de justifier plus complètement à l’avenir la confiance du conseil municipal ».

Ce supplément accordé aux instituteurs visait surtout à compenser les fonctions de secrétaire de mairie que chaque instituteur effectuait dans les petites communes. Son montant habituel, à St Jean, était de 400 francs.

Le 11 octobre le préfet informe l’inspecteur d’académie de cette délibération qui lui répond dès le 14 octobre.

« J’ai l’honneur de vous retourner la délibération ci-jointe devenue sans objet.

Pour échapper aux persécutions continuelles de M. le Maire, M. Devillers a demandé et obtenu son déplacement ».

 

Le départ de M. Devillers sera effectif à compter du 1er octobre 1901. Il était en place à St Jean depuis le 16 avril 1892. Il semble que s’il n’avait pas donné satisfaction aux conseils municipaux depuis cette date, cela se saurait su.

La maîtresse de couture

Il nous est déjà arrivé de souligner le climat tendu qui régnait en cette fin du XXIe siècle et début du XXe entre les deux factions dites républicaines d’un côté, et cléricales de l’autre, tant au niveau national que local.


Nous en avons encore un exemple avec « la maîtresse de couture », enseignement que chaque école était tenu de dispenser aux élèves filles et étant à la charge des communes.

 

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Nous nous bornerons à ne faire référence ici qu’aux principaux documents d’archives traitant de cette question, nous dispensant de commentaires. Mais il s’agit d’un moment de l’histoire de Saint-Jean qu’il nous faut connaître.


A l’époque c’était monsieur Paul de Royer qui était le maire de Saint-Jean, dont les tendances étaient plutôt portées du côté clérical.

 

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Le 5 octobre 1900, devant le conseil municipal : « M. le président donne connaissance d’une lettre de M. le sous préfet en date du 11 septembre 1900, relativement au traitement de la maîtresse de couture.

Le conseil, attendu qu’il existe maintenant à St Jean aux Bois une école de filles où la couture est enseignée gratuitement,

Que cette école comprend actuellement 46 élèves,

Que madame Devillers, femme de l’instituteur se déclare prête pour l’année 1901 à enseigner gratuitement aussi la couture aux jeunes filles de l’école communale,

Qu’il n’y a donc pas lieu pour le budget de 1901 de voter des fonds relativement à ce service,

Par ces motifs ;

Le conseil municipal supprime pour l’exercice 1901 le traitement de la maîtresse de couture ».

 

Le 18 octobre, le sous préfet informe le préfet de ce refus et précise : « J’ai fait observer au maire de cette commune que cette dépense était obligatoire et je l’ai invité à me faire connaître les motifs de cette suppression.

Le Maire de Saint-Jean-aux-Bois ; M. de Royer, qui est l’un de nos adversaires les plus ardents, m’a d’abord fait savoir ; par lettre, que son conseil avait refusé de voter le traitement de la maîtresse de couture par la raison qu’il existait dans sa commune une école libre de filles où l’enseignement de la couture est donné gratuitement.

Et, en effet, il existe depuis un an, une école dirigée par des congréganistes qui a été créée et installée par M. de Royer lui-même.

P1010042Cependant, le lettre de M. le Maire, me paraissant insuf-fisante, je l’ai invité à soumettre la question à son con-seil municipal et à me faire parvenir la délibération prise par cette assem-blée.

J’ai l’honneur de vous transmettre la délibération qui a été prise en confor-mité de mes instructions, et par laquelle le conseil municipal fait savoir qu’il persiste dans son refus de voter la dépense afférente au paiement du traitement de la maîtresse de couture pour les motifs :

1° qu’il existe maintenant à St Jean aux Bois, une école de fille où la couture est enseignée gratuitement.

2° que Mme Devillers se déclare prête à enseigner gratuitement aussi la couture aux enfants de l’école communale. 

Il est vrai que Mme Devillers est disposée à renoncer à son traitement de maîtresse de couture ; mais elle n’a consenti à cette renonciation que pour sauvegarder les intérêts de son mari, instituteurs à St Jean aux Bois, qui a été menacé par M. de Royer de se voir remplacer comme secrétaire de mairie et de voir supprimer le supplément de traitement de 400 francs qui lui est accordé.

La renonciation de Mme Devillers n’a donc pas été libre, mais eût-elle été spontanée, qu’il ne m’en paraîtrait pas moins nécessaire de maintenir le crédit de 100f, affecté au traitement de la maîtresse de couture, cette dépense étant obligatoire ».

 

1915 Une page d’histoire

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Copie de l’arrêté pris, en 1915, par le général commandant le 35e corps d’armée.

 

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Considérant que la présence des dépôts de fumiers ou d’ordures dans les agglomérations ou auprès des habitations isolées est nuisible à l’hygiène et peut être funeste à l’état sanitaire tant de la population civile que des troupes du corps d’armée

Qu’il convient de faire cesser cette cause d’insalubrité,

Que c’est là une mesure de police ;

Vu l’avis de M. le directeur du service de santé du corps d’armée

Vu la loi du 9 août 1849 sur l’état de siège,

Arrête,

Art. 1er. Dans un délai de 10 jours les propriétaires, locataires, usagers à un titre quelconque d’immeubles bâtis doivent faire disparaître les dépôts de fumiers ou d’ordures qui se trouvent dans leurs immeubles ou qui avoisinent ceux-ci.

Art. 2. Le délai de 10 jours imparti à l’art. précédent commence à courir le mardi 3 août 1915, date à laquelle le présent arrêté devra être affiché à la porte des mairies et publié par les soins de l’autorité municipale dans la zone de stationnement du 35e C.A.

Art. 3. Les dépôts d’ordures existants seront incinérés, soit enfouis à 500 mètres au moins de tout bâtiment.

Art. 4. Les dépôts de fumiers seront transportés ou enfouis à huit mètres au moins de tout bâtiment, soit sur des terrains appartenant aux propriétaires desdits dépôts, soit sur des terrains désignés par la municipalité. Ils seront établis dans les conditions déterminées ou à déterminer par les maires conformément à l’art. 19de la loi du 21 juin 1898 sur la police rurale, en vue d’empêcher l’écoulement sur la vois publique des liquides en provenant.

Art. 5. Il est interdit de créer de nouveaux dépôts de fumiers à une distance plus rapprochée d’un bâtiment que celle fixée à l’art. précédent.

Art. 6. Les ordures doivent être au fur et à mesure incinérées ou enfouies.

Art. 7. A l’expiration du délai imparti à l’art. 1, les dépôts de fumiers ou d’ordures visées audit article, qui subsisteraient seront enlevés, enfouis ou incinérés par les soins de l’autorité militaire aux frais de ceux qui ne les auraient pas fait disparaître ou de la commune si ces derniers sont indigents.

Art. 8. Les personnes visées à l’art. 1 qui, dans le délai fixé, ne se seraient pas conformées aux art. 1. 3. 4. 5. 6. Ci-dessus seront déférées à l’autorité judiciaire.

Art. 9. Au cas de récidive, les contrevenants pourront être refoulés sur l’intérieur.

Aet.10. MM. les généraux commandant les 37e et 61e division, MM. les généraux de brigade, MM. les commandants de cantonnement, M. le chef d’escadron prévôt du corps d’armée, MM. les commissaires rapporteurs près les conseils de guerre, MM. les Maires et autres agents de la force publique qui sont chargés d’assurer l’exécution du présent arrêté et de veiller à l’exécution de toutes les dispositions relatives à la salubrité publique insérées dans la loi du 21 juin 1898 sur la police rurale.

1795 – l’emprunt forcé

Une page d'histoire

1795

 

 

En Décembre 1795, le Directoire lance l’emprunt obligatoire de 600 millions or sur les riches, réparti selon l’état de fortune en plusieurs classes. L’empôt sur la fortune avant l’heure, en quelque sorte. Les contribuables avaient la possibilité de régler l’ imposition en grains, en monnaie ou en assignat, ceux-ci étant acceptés à 1% de leur valeur. Le 10 Pluviose An IV ( 29.01.1796), les habitants du canton de Pierrefonds protestent contre le montant de leur contribution et le mode de répartition. Nommés Commissaires pour la relance de l’emprunt, MM. De France et Denis de Croutoy soutiennent les habitants dans leurs revendications et font valoir à l’Administration, que la répartition de l’emprunt démontre une injustice flagrante.

 

A saint Jean deux contribuables sont asujettis à cet impôt : Messieurs Leduc, propriétaire du moulin et de nombreuses terres, et Poulletier, proprétaire de l’ancien domaine du couvent, qui outre les bâtiments claustraux, la salle capitilaire, s’étend, à l’époque bien au-delà de la rue du Couvent qui n’existe pas encore.

 

Ce dernier, bien que ne figurant pas sur le registre journal de la commune, participa à cet emprut pour la somme de 30 000 livres.


 

Registre Journal de la commune de La Solitude

ci-devant St Jean aux Bois, contenant le nom des citoyens qui se sont présentés pour l’emprunt forcé, avec les sommes qu’ils ont payé en avance d’y celui.

 

*****

 

         Le vingt-cinq nivôse l’an IV (6 janvier 1796) de la République Française, j’ai Firmin Renard, receveur des impositions directes de la commune de St Jean aux Bois, reçu du citoyen Leduc, cultivateur en ladite commune, la somme de cinq mille livres à compter sur l’emprunt forcé. A St Jean aux Bois les jours et an que dessus.

                                                                                        Renard

***

         Le 1er pluviôse (20 janvier 1796), huit heures du matin, j’ai François Louis Aubé, agent municipal de la commune de La Solitude, ci-devant St Jean aux Bois, me suis transporté chez le citoyen Firmin Renard, percepteur de l’emprunt forcé pour additionner, arrêter et clore le registre journal dudit emprunt forcé. À St Jean aux Bois le 1er pluviôse an 4 de la République.

                                                                                        Aubé

***

         Le vingt-cinq pluviôse l’an 4e (14 février 1796) de la République française, j’ai Firmin Renard, receveur des impositions directes de la commune de St Jean aux Bois, reconnais avoir reçu du citoyen Leduc, cultivateur et meunier en ladite commune, la somme de dix mille livres à compter sur l’emprunt forcé jointe à celle de cinq mille livres, fait la somme de quinze mille livres. A St Jean aux Bois les jours et an que dessus.

                                                                                        Renard

***

         Le huit ventôse l’an 4e (26 février 1796) de la République française, j’ai Firmin Renard, receveur des impositions directes de la commune de St Jean aux Bois, reconnais avoir reçu du citoyen Leduc, cultivateur et meunier de ladite commune, la somme de seize mille livres en assignats à compter sur l’emprunt forcé. A St Jean aux Bois les jours et an que dessus.

                                                                                        Renard

 

 

Modèle du récépissé à délivrer par les receveurs

 

Département de l’Oise — District de Compiègne

Canton de Pierrefonds — Commune de La Solitude

 

Récépissé de l’emprunt forcé

Bordereau

 

                                            Assignats             45 000tt

                                            Espèces

 

                          Duplicata des récépissés de l’emprunt volontaire

                                                            

                                                                      Total                   45 000tt

 

         Je soussigné, receveur du district, reconnais avoir reçu du citoyen Firmin Renard percepteur, demeurant à La Solitude, district de Compiègne, la somme de quarante-cinq mille livres en assignats pour l’emprunt forcé de ladite commune dans les valeurs énoncées au bordereau ci-dessus.

         À Compiègne ce 1er ventôse an 4 (19 février 1796) de la République.

 

                                                                               Decrou

 

         Vu par nous membres du directoire.

 

 

 

Modèle du récépissé à délivrer par les receveurs

 

Département de l’Oise — District de Compiègne

Canton de Pierrefonds — Commune de La Solitude

 

Récépissé de l’emprunt forcé

Bordereau

 

                                            Assignats             16 000tt

                                            Espèces

 

                          Duplicata des récépissés de l’emprunt volontaire

                                                            

                                                                      Total                   16 000tt

 

         Je soussigné, receveur du district, reconnais avoir reçu du citoyen Firmin Renard percepteur, demeurant à La Solitude, district de Compiègne, la somme de seize mille livres en assignats pour l’emprunt forcé de ladite commune dans les valeurs énoncées au bordereau ci-dessus.

         À Compiègne ce 11 ventôse an 4 (1er mars 1796) de la République.

 

                                                                               Decrou

 

         Vu par nous membres du directoire.

Recensement 1794

Liberté — Égalité 

 

La Solitude

(Archives départementales 2 Lp 5063)

 

            Le sept prairial l’an second (26 mai 1794) de la République française une et indivisible, sept heures du matin, nous Laurent Gérard et Étienne Langlois demeurant à Compiègne, en vertu de la commission à nous donnée par les administrateurs de District de Compiègne en date du cinq du présent mois, nous sommes transportés en la commune de la Solitude, à l’effet de faire faire la déclaration du nombre des individus composant ladite commune, hameau et maisons en dépendants, comme aussi pour y faire le recensement des farines, bleds, seigle, orge, pois et fèves secs existants en ladite commune, où étant arrivé et parvenu au hameau de La Brévière, entré en la maison du citoyen François Tourneur agent nous y avons fait appeler les autres officiers municipaux auxquels nous avons annoncé le sujet de notre transport, et de suite exhibé de nos pouvoirs qui ont été visés par lesdits officiers, après lecture faite d’iceux, et sur notre réquisition les citoyens Jean Herlaut officier municipal et François Tourneur agent de ladite commune de la Solitude nous ont accompagné dans nos visites domiciliaires dont la première a commencée chez ledit François Tourneur lequel nous a déclaré avoir cent quatre vingt livres de farine, père et mère, quatre enfants en état de travailler, visite faite en sa maison nous n’y avons rien trouvé de plus et a signé.

                                                                                   François Tourneur

 

 

Jean Michel Tourneur, quatre-vingt-quatre livres de farine, père et mère, cinq enfants, le plus jeune âgé de 3 ans, un en état de travailler.

 

Charlemagne Niquet, sans bled ni farine, dix livres de pain, père et mère, et deux enfants en état de travailler,visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Jean Tourneur, soixante-douze livres de bled au moulin plus quarante-cinq livres de farine, père et mère, cinq enfants, tous en état de travailler, visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

Jacques Leleu, cent quatre-vingts livres de farine, père te mère, huit enfants, le plus jeune 3 ans, quatre en état de travailler, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Joséphine Niquet, fille et deux sœurs, trente-six livres de bled, et trente livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus, et a ladite Joséphine Niquet signé.

                                                                                           Joséphine Niquet

 

Jean Baptiste Deschamps, cent quinze livres de farine, père et mère, deux enfants en état de travailler.

 

Louis Langelé, deux cent cinquante livres de farine, père et mère, trois enfants, le plus jeune douze ans, tous en état de travailler.

 

La veuve François Langelé et deux enfants en état de travailler, quatre-vingts livres de farine.

 

La veuve Louis Niquet, cabaretière, Adrien Mariage garde et trois enfants en état de travailler, quarante livres de farine, et soixante-douze livres de bled, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus, et a déclaré ne savoir signer.

 

François Bilauré, et cinq enfants le plus jeune cinq ans trois en âge de travailler, soixante-douze livres de bled, plus trente-cinq livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus, le père absent pour son travail.

 

Jean Louis Magnan, père et mère, un enfant en état de travailler, quatre-vingts livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

François Deschamps et sa femme, quinze livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus, le père absent pour son travail.

 

Joseph Langelez sa femme, trois enfants le plus jeune un an, soixante livres de farine, visite faite rien de plus.

 

Jean Langelé, sa femme et un enfant de deux ans, cent vingt livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Louis Vivret, sa femme et quatre enfants, le plus jeune deux ans, un en état de travailler, cent vingt livres de farine.

 

François Louis Aubé, sa femme, une sœur, un enfant de plus de six ans et un parent pour la semaine seulement, cent vingt livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus, ladite femme a signé attendu l’incommodité du mari. F. Aubé

 

François Denis Mismacq, sa femme, six enfants, le plus jeune deux ans et demi, un en état de travailler, cent quatre-vingts livres de farine, visité rien de plus, mari absent pour travail.

 

Pierre Verrière, sa femme, la mère et un enfant de huit ans, cinquante-cinq livres de farine, point de bled.

 

La veuve Louis Langelé, et deux filles en état de travailler, cent quarante livres de farine, visite faite nous n’avons rien trouvé de plus.

 

La veuve Pierre Deschamps et sa fille en état de travailler, cent quatre-vingt-dix livres de farine, point de bled.

 

Nicolas Tourneur, sa femme, deux enfants, de 3 à 4 ans, et une domestique, cent vingt livres de farine, visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

Marguerite Chuette fille seule quinze livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Louis Raverdy et sa femme jardinier à Ste Périne, soixante-douze livres de bled au moulin. Visite faite il ne s’est trouvé ni bled, ni farine.

 

Louis Boutanquoi et sa femme, soixante-douze livres de bled au moulin, et cinquante livres de farine. Visite faite rien trouvé de plus.

 

Louis Jacques Tourneur, sa femme, et un enfant de 7 ans, trente livres de farine, visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

Ste Périne

 

Jean Louis Tourneur, sa femme et deux enfants de 5 à 6 ans, cent huit livres de bled au moulin et soixante livres de farine.

 

Gabriel Laissen, sa femme et un enfant de en âge de travailler, trente livres de farine. Visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

Jean Baptiste Connétable, sa femme et quatre enfants le plus jeune âgé de 2 ans, un en état de travailler, cent quatre-vingts livres de farine.

 

Pierre Lecocq, sa femme, et un enfant de 8 ans, quarante-cinq livres de farine visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Nicolas Cailleux, sa femme, trois enfants le plus jeune deux ans soixante livres de farine, visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

La Malassise

 

Jean Feret, sa femme, et trois enfants le plus jeune 10 ans deux en état de travailler, trente livres. Visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Jean Thomas Feret, sa femme, deux enfants un en état de travailler et l’autre âgé de 4 ans, nouvel établissement rien.

 

Jean Cailleux, sa femme deux enfants le plus jeune 2 mois et ½ une servante, soixante livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Jean Marie Labbé, sa femme, quatre enfants, le plus jeune 4 ans trois en état de travailler, et un domestique, trente-six livres de bled, et trente-cinq livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus. Et a signé Labbé.

 

Cour de La Solitude

 

Jean Herlaut, sa femme et un enfant en état de travailler, cent quatre-vingts livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Charles Herlaut et sa femme, cent quatre-vingts livres de farine visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

La veuve Jean Deschamps, et trois enfants le plus jeune trois ans un en état de travailler, cent quatre-vingts livres de farine visite faite il ne s’est point trouvé de bled.

 

Firmin Renard instituteur, sa femme, et quatre enfants, le plus jeune 6 ans ½ deux travaillant, trente livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus. A signé Renard

 

Jean Baptiste Magnan, sa femme, et cinq enfants le plus jeune a un an, soixante-dix-huit livres de farine.

 

Nicolas Chuette, sa femme deux enfants en état de travailler soixante livres de farine, point de bled.

 

Pierre Boutanquoi, sa femme et un enfant âgé d’un an, quarante livres de farine, point de bled.

 

 

La veuve Laurent Verrière, et deux enfants travaillant, soixante livres de farine, sans bled.

 

Jean Levasseur, sa femme, sa mère, et quatre enfants le plus jeune quatre ans, un en état de travailler, soixante livres de farine et point de bled.

Louis Mouret, sa femme, quatre enfants le plus jeune 7 ans et deux en état de travailler, cent dix livres de farine et point de bled.

 

Nicolas Mismacq, sa femme et trois enfants, le plus jeune 20 mois, soixante livres de farine, et point de bled.

 

François Vidal, et cinq enfants le plus jeune huit ans et deux qui travaillent, quarante-six livres de farine.

 

Jean Louis Toussaint, sa femme, deux enfants le plus jeune 8 mois, cinquante livres de farine.

 

Jean Chuette, sa femme, et quatre enfants le plus jeune 7 ans, deux en état de travailler, soixante-quinze livres de farine.

 

Jean Baptiste Beaulieu, sa femme, et un enfant travaillant, cent quatre-vingt-dix livres de farine.

 

Jacques Magnan, sa femme, et quatre enfants, le plus jeune 3 ans, trois en état de travailler, soixante-quinze livres de farine.

 

Pierre Tourneur, sa femme, et six enfants le plus jeune a 5 mois et un en état de travailler, soixante-cinq livres de farine.

 

Louis Viveret, sa femme, et deux enfants de 4 à 5 ans, soixante-quinze livres de farine.

 

Jean Thomas, et sa femme, quarante livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

François Darchin, et sa sœur, sans bled ni farine et vingt livres de pain, sans bled ni farine.

 

Pierre Lessan et un enfant travaillant, vingt livres de pain visite faite il ne s’est rien trouvé ni bled ni farine.

 

Jean Verrière, sa femme, et un enfant de 9 mois, vingt-cinq livres de farine.

 

Jean Cuvilly, sa femme, et une domestique, deux cent quarante livres de farine, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

La veuve Pierre Lafont et un enfant travaillant trente livres de farine.

 

Jean Louis Magnan, sa femme, son père, et un enfant de 18 mois, trente livres de farine.

 

Pierre Deschamps, sa femme et quatre enfants, le plus jeune 6 mois, et l’aïeul, trente-six livres de farine, rien de plus.

 

Jean Louis Rémy, sa femme et quatre enfants le plus jeune deux mois, quarante livres de pain.

 

La veuve Nicolas Boivinet, sa mère et trois enfants le plus jeune âgé de 2 ans un autre travaillant, un charretier et un homme de journée, trente livres de farine, il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Louis Lallemand, et sa femme, vingt livres de farine, rien de plus.

 

Michel Desjardins, sa femme, une sœur et deux petits enfants de 3 à 6 ans, cent quarante-quatre livres de bled et cent vingt mines de farine.

 

Georges Joachim Leduc, sa femme et deux enfants le plus jeune 4 ans, deux domestiques, et un troisième sept mines de bled faisant sept cents livres et une mine d’orge, le mari détenu à Chantilly, sa femme ayant signé après visite faite. Bonvalot Leduc.

 

Marie Joseph Victoire Renard, veuve de Jean François Momacq, seule, sans bled ni farine, visite faite nous n’avons rien trouvé.

 

Jean Pierre Lefèvre, sa femme, et cinq enfants dont deux en état de travailler, vingt livres de pain, il ne s’est rien trouvé de plus après notre visite.

 

Jacques Connétable et sa femme avec un enfant travaillant, vingt livres de pain, visite faite il ne s’est rien trouvé de plus.

 

Antoine Connétable, sa femme et un enfant de 3 mois, douze livres de pain, visite faite il ne s’est rien trouvé ni bled ni farine.

 

La veuve Louis Beaulieu seule dix livres de pain, visite faite il ne s’est rien trouvé ni bled ni farine.

 

Et attendu qu’il ne s’est plus trouvé de visites à faire, nous commissaires susdits, avons clos et arrêté le présent procès-verbal après avoir vaqué jusqu’à sept heures du soir sans interruption, à l’exception d’une heure employée au repas, et ont lesdits Herlaut et Tourneur, officiers municipaux signé avec nous./.

 

 

            Herlaut officier municipal, Tourneur agent national, L. Gérard, Langlois.


Création d’une bibliothèque communale (3)

Le 15 février 1931, M. Garneret, l’instituteur, « est autorisé à installer la bibliothèque scolaire au premier étage de la mairie, dans la pièce donnant sur la grande cour, et située en face de la salle du conseil. Les frais d’installation seront à la charge de la caisse des écoles « .

 

Tout-en-travaillant.jpgEn 1952, nous relevons dans « Tout en travaillant « , (le journal de la coopérative scolaire du mois de mars) que la bibliothèque est ouverte gratuitement à tous les coopérateurs, ce qui sous-entend les non scolaires qui cotisent à l’association. À ce moment elle comprend 43 volumes appartenant à la coopérative.

 

La bibliothèque fonc-tionne ainsi jusqu’au départ de l’institutrice Mme Petit en 1960 et tombe en léthargie jusqu’à ce jour du 24 octobre 1973 où le Conseil décide l’achat de meubles en vue de l’ouverture d’une bibliothèque municipale de prêts.

 

C’est le 9 janvier 1974 que celle-ci ouvrira fonctionnant deux jours par semaine. Tenue au départ par la conseillère municipale à l’initiative de cette création, elle fonctionne ainsi jusqu’en 1986, jusqu’au moment où celle-ci quitte la commune. A l’époque la bibliothèque logeait dans l’ancien four à pain le long de la mairie.

 

Après quelques années de sommeil, à la fin des années 80 un groupe de bénévoles décide de relancer son activité.

 

En 1995 elle émigre dans de nouveaux locaux aménagés au premier étage de la maison du village.

 

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La bibliothèque de nos jours — Le coin jeunesse

 

Depuis elle n’a jamais cessé son activité, animée par des bénévoles toujours renouvelés au fil des années.

 

Ces bénévoles qui se dévouent, pour que la bibliothèque, aujourd’hui encore joue son rôle de diffuseur de la lecture et des idées auprès des habitants de Saint Jean.

 

Avec son fond propre alimenté par des dons mais surtout par des achats réguliers de nouveautés effectués grâce aux crédits votés chaque année par le conseil municipal et par les prêts réguliers que la bibliothèque départementale lui assure plusieurs fois par an, la bibliothèque municipale offre un choix donnant satisfaction aux lecteurs qui la fréquentent régulièrement.

 

De plus, depuis quelques années, la médiathèque départementale, par ses prêts de vidéos, CD et DVD, a permis à la bibliothèque de diversifier ses activités.

 

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Le dossier bibliothèque provient des archives communales Série R (Instruction publique) sous série 1 R – 1 R 8 (listes

Création d’une bibliothèque communale (2)

Ces bibliothèques étaient donc prévues pour être à la fois scolaires et communales.

 

La liste des ouvrages existants dans la bibliothèque en 1864 est de 27 ouvrages pour 24 titres, liste dressée par l’instituteur monsieur Boulanger et visée par l’inspecteur primaire de l’académie de Compiègne.

 

Liste-ouvrages-19-avril-1864-1.JPG

 

Les archives communales ne renferment aucune trace sur le fonctionnement de la bibliothèque à cette époque. Nous ignorons si, à ce moment, en dehors des scolaires, les adultes du village utilisaient la possibilité qui leur était offerte.

 

Quelques années plus tard par contre, nous notons que des adultes la fréquentent, de 1875 à 1886, par les deux registres qui sont conservés et où sont enregistrées l’ensemble des « entrées et des sorties des livres prêtés au dehors de l’école« .

 

 

1886-Bibliothe-que-populaire-copie-1.jpg1886-Bibliothe-que-populaire-copie-2.jpg

 

 Les deux premières pages du registre

 

Nous notons que sur cette période de 11 ans 1 084 livres ont été prêtés, soit en moyenne 98 livres par an.

 

Il est difficile de donner un aperçu des titres disponibles, leur liste ne présente que peu d’intérêt, mais dans l’ensemble ils correspondent à ce que préconisait l’arrêté ministériel de 1860. Cela va des grands faits de l’histoire, de l’industrie moderne, des cours d’agriculture, de la lecture de soirées d’hiver, de la botanique, des victoires de l’Empire, etc.

 

Toutefois, comme le précise l’article 6 de l’arrêté du 1er juin 1862, les titres des ouvrages qui figurent dans les bibliothèques « ne doivent être que ceux approuvés par le Conseil impérial de l’instruction publique ». L’évéché, en ce qui le concerne, veillait particulièrement à ce que des ouvrages illicites n’y figurent pas.

 

De-libe-ration-1895.jpgIl y a peu de délibérations du Conseil municipal concernant la bibliothèque scolaire, sauf celle du 23 août 1895, où une somme de soixante francs est votée pour l’achat de livres.

 

Puis nous avons de 1895 à 1913 des « Renseignements d’ordre et statistique » qui étaient remplis par les ins-tituteurs. Ils nous apportent des renseignements intéres-sants sur la bibliothèque :

 

En 1895, celle-ci possède 211 ouvrages, la somme inscrite au budget de la commune est de 60 francs (somme qui a été dépensée), 171 prêts ont été faits dans l’année, il est noté dans les observations qu’un grand nombre d’ouvrages ne sont pas intéressants et que les autres ont été lus par les lecteurs habituels.

 

Le nombre des livres en bibliothèque varie peu par la suite. En 1896 : 211, (les sommes inscrites au budget ne sont plus indiquées), les prêts sont de : 96. Nous retrouvons les mêmes observations que l’année précédente. En 1897 : 211 livres et 98 prêts — 1898 : 211 et 126 — 1899 : 211 et 113 — 1900 : 211 et 76 —1901 : 210 et 41 — 1902 : 210 et 153 — 1903 : 110 et 116 — 1904 : 222 et 137 — 1905 : 222 et 140 — 1906 : 222 et 160 — 1907 : 222 et 140 — 1908 : 222 et 80 puis en 1913 : 222 livres et 56 prêts.

 

On voit à cette énumération établie sur près de quinze ans des disparités d’une année à l’autre. Comme le soulignent beaucoup d’observations cela vient du fait qu’il y a un grand nombre de livres peu intéressants et que le choix relativement faible limite le nombre de lecteurs. Nous notons aussi que peu de livres sont achetés, par contre les livres sont envoyés à la reliure, ce qui constitue une dépense faite au détriment des achats.

 

Création d’une bibliothèque communale

1849-Lettre-aux-maires.jpgDès 1849, la toute jeune deuxième République par la voix de son ministre de l’instruction publique, recommandait aux com-munes rurales la création de bibliothèques. La circulaire préfectorale du 7 février 1849 adressée aux maires en explique l’intérêt.

 

Cette recommandation ne trouva, alors, aucun écho à Saint-Jean. Il faudra attendre un peu plus de treize années, pour que le conseil municipal s’empare de la question.

 

En effet, c’est le  21 septembre 1862, que le Conseil municipal, suite à une nouvelle circulaire préfectorale datée du 21 juillet précédent, adopte une délibération par laquelle il crée une bibliothèque communale.

 

Délibération 1862Il est décidé de :

 

« 1° L’acquisition d’une armoire bibliothèque ;

2° L’ouverture au budget de la commune d’un crédit spécial pour acquisition de livres ;

3° La fixation de la cotisation volontaire à payer chaque mois par les familles pour la fourniture des livres de classe aux enfants« .

 

Le Conseil ajoute que :

« Vu les dépenses que la commune s’est déjà imposées et les res-sources très restreintes qu’elle possède, il a décidé qu’il serait fait à domicile une sous-cription volontaire pour achat de livres et d’une armoire bibliothèque ; cette souscription s’est montée à 108 fr.55c. qui sont déposés entre les mains de M. le maire« .

 

La circulaire préfectorale du 21 septembre 1862 faisait suite à un arrêté du Ministre de l’instruction publique et des cultes qui recommandait dès 1860, la création de bibliothèques scolaires dans les écoles communales. Cet arrêté avait deux objets distincts : « 1° le prêt gratuit des livres de clase aux enfants qui suivent les écoles primaires publiques. 2° Le prêt gratuit aux familles des ouvrages qui seront admis dans lesdites bibliothèques ».

 

Cet arrêté précisait :

« Bien que devant être placées dans les salles d’écoles, et sous la surveillance immédiate des instituteurs, elles seront, par le fait, à la disposition des familles. Elles formeront une collection où tous les habitants de la commune pourront puiser des renseignements pratiques, des notions exactes sur l’histoire du pays, sur l’hygiène, sur les sciences usuelles et l’industrie spéciale à chaque région. Ces collections n’auront donc pas seulement une utilité incontestable pour les enfants et pour les maîtres ; elles présentent, dès à présent, un caractère d’utilité générale« .