L’heure de la soupe

L’heure de la soupe


Poème de Léon Duvauchel

sur une photographie des grands parents de Jean-Pierre Gilson

prise à Saint Jean aux Bois en 1975

 

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L’armillaire

P1010065-copie-2.gifL’armillaire couleur de miel ou Tête de méduse

 

L’armillaire est un champignon qui pousse en touffe, parfois importante, sur d’anciennes souches ou aux pieds d’arbre contaminés.


C’est un champignon comestible cuit, à consommer de préférence jeune (comme ceux présentés sur la première photo). Il peut aussi se conserver dans de l’huile ou du vinaigre et être ensuite consommé.P1010044


Pourtant ce champignon est un redoutable parasite qui émet de longs filaments noirs appelés rhizomorphes qui peuvent, dans le sol, s’étendent sur des distances qui peuvent être considérables et parasiter d’autres arbres. Sous les écorces des arbres infectés ces filaments, qui enserrent le tronc, provoquent la pourriture blanche puis la mort de l’arbre.


Les trois touffes photographiées P1010042présentent, l’une de tous jeunes champignons, l’autre des spécimens légèrement plus âgés. En vieillissant, c’est le cas de la troisième photo, ils s’étalent jusqu’à mesurer 10 à 15 centimètres de diamètre avec des bords ondulés produisant une sporée blanchâtre.

 

 

 

 


 


Sortie à Reims

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Dimanche dernier, 23 octobre, l’association « Les Amis des Arts de Saint Jean aux Bois » organisait une sortie à Reims avec visite du musée des Beaux Arts le matin, repas ensuite.


L’après-midi était consacré à la visite du palais du Tau et de la cathédrale.


Bonne et belle journée puisque le temps nous accompagnait toute la journée.

 


 

Pour voir la sortie cliquez sur l’album photos colonne à droite

 


Sainte Périne (suite)

18bisMalgré son calme et son eau sans ride, l’étang de Sainte Périne n’en n’a pas moins été, au cours de son histoire, le théâtre de drames.


Nous en avons relevé trois dont la presse en son temps s’est fait l’écho.

Le premier s’est déroulé le 9 juin 1828 :

 

Dans les comptes rendus de la chasse du Roi du mardi 10 juin 1828 nous lisons ceci :


« Il faisait très chaud le lundi (9 juin 1828). En sortant de la chasse, Ducorps, garde à Ste Périne, voulant prendre un bain dans l’étang, s’y noya, et sa femme qui était sur les bords, ne put le secourir. Son corps n’était pas retrouvé 3 jours après. »


P1010074Le second le 2 juin 1882 :


« Des bruits s’étant répandus, dans la commune de Saint Jean, qu’une fille, Anaïs B…, âgée de 38 ans, manouvrière dans le pays, était accouchée clandestinement, l’autorité se mit en devoir d’ouvrir une enquête.

Les faits qui causaient cette rumeur publique n’étaient que trop vrais car, ayant su que les gendarmes de Pierrefonds étaient saisis de l’affaire Anaïs B…, courut jeter son enfant dans l’étang de Ste Périne puis s’y noya à son tour.

Ce drame a causé une vive impression à Saint Jean« .

 

Dans son « Livre d’un forestier« , Léon Duvauchel fait de ce « Simple fait divers« , (selon son expression), un récit qu’il nomme « Bran de Judas« .


Brume sur l'étangLe troisième eut lieu le 3 août 1938 


Une jeune réfugiée espagnole en colonie au château de La brévière se divertissait dans l’eau quand soudain, elle s’affaissa enlisée dans l’herbe et la boue. Deux camarades qui l’accompagnaient prisent peur et se sauvèrent dans le bois ce qui attira l’attention d’un pêcheur.

Le secours de la société des sauveteurs de l’Oise permit de remonter le corps de la fillette qui était allongée sur le ventre sur un lit de vase.

Pendant plus d’une heure on tenta de ranimer la victime mais tous les soins qui lui ont été prodigués furent inutiles.

La victime qui s’appelait Saez Fabignani Thelma Dolorès était née à Buenos Aires en janvier 1923. Ses parents habitent Barcelone. Elle se trouvait au château de La Brévière avec deux de ses sœurs.

Ce pénible accident a jeté la consternation parmi la colonie où la jeune victime était très estimée.

 


Sainte Périne (suite)

L’assassinat du garde Favreau à Sainte Périne

 

Favreau-51Le 24 octobre 1928, un boucher charcutier de La Croix St Ouen, faisant sa tournée de Sainte Périne et La Brévière, engage sa camionnette dans l’allée forestière qui relie ces deux hameaux. À 150 mètres de l’abbaye il découvre, horriblement mutilé, le corps d’un homme qu’il reconnaît comme étant le garde Favreau de Ste Périne.

 

DesfavriesL’enquête finira par s’orienter vers Henri Catoire qui avoue rapidement son crime perpétré le 23 au soir. Henri Catoire né le 11 décembre 1903 à La Croix St Ouen, est bûcheron et demeure à La Brévière avec sa mère.

 

Henri Catoire n’est pas cependant un mauvais individu asocial.

 

FavreauQuelques jours avant son forfait, le 19 septembre, c’est lui qui prononce le discours d’adieu sur la tombe d’un de ses amis Eugène Warin, décédé à l’âge de 28 ans. Il le fait au nom des amis du défunt et de la société de tir l’Espérance. Et il ne s’agit pas là du discours d’un imbécile ; il s’exprime en termes simples et emprunts de sensibilité, plein d’égards et de respect envers la famille.

 

Que peut-il se passer dans la tête d’un homme pour en arriver à une telle extrémité ?

 

C’est un besoin d’argent urgent pour combler les dettes qu’il avait faites qui l’a conduit à puiser dans la caisse de la société dont il est le trésorier ; c’est ce qui se dégagera de l’enquête.

 

La reconstitution du crime a lieu le mercredi 21 novembre après midi par le parquet de Compiègne. L’opération par elle-même n’a rien appris aux magistrats qu’ils ne savaient déjà. Favreau-16.gifMais elle confirme que Catoire ne s’était pas emparé des économies du garde qu’il pensait trouver à son domicile, ce qu’il avait toujours dit, ajoutant qu’il ne les avaient pas trouvées.

 

En effet, c’est dans un des tiroirs du fourneau, qu’une somme d’une vingtaine de mille francs, presque entièrement en titres, a été trouvée.

 

Favreau-50C’est le lundi 4 mars 1929 à midi, au palais de justice de Beauvais, que s’ouvre la session des assises de l’Oise. Henri Catoire sera jugé le samedi 29 juin. Au terme de son procès, la cour le condamne à la peine de mort et dit « qu’il aura la tête tranchée sur une place publique de Beauvais« .

 

Le samedi 10 août 1929 la presse fait savoir que la chambre criminelle de la cour de cassation rejette le pourvoi de Catoire, mais nous apprend que M. Doumergue, Président de la République, vient de demander au ministère de la justice la communication de son dossier.

 

Favreau 53C’est toujours par la presse que nous apprenons, quelques jours plus tard, que le parquet de Beauvais a été avisé que Catoire a été gracié par le Président.

 

Au mois de novembre 1928, à l’initiative des officiers et préposés des Eaux et Forêts de Compiègne, une souscription est ouverte en vue d’ériger une stèle à l’emplacement où le garde Favreau fut assassiné. Le Conseil municipal vote à l’unanimité, dans sa séance du 3 mars 1929, une somme de 180 francs à titre de souscription pour ce monument.

 

 

Sainte Périne (suite)

 

Platane-67Les pieds dans l’eau.


Platane-65Les bords de l’étang sont plantés de platanes dont certains ont choisi de pousser sur les berges. 


Leurs racines, pour quelques uns d’entre eux, plongent à la fois dans le sol et dans l’eau. Ce qui donne ce spectacle curieux d’arbres s’élançant sur l’eau comme pour rejoindre la rive d’en face.


 

Platane-70 Platane-66 Platane-69  

 

à suivre 

 

 

 

 

Sainte Périne (suite)

2.gifAvec la vente de Sainte Périne à Charles X en 1826, nous avons une parfaite illustration de la négation du rôle de la femme tel que le code civil de 1807, dit code Napoléon, l’avait inscrit dans le texte.


Lorsque la femme se marie, elle peut être soumise à divers régimes matrimoniaux, mais tous la place sous l’autorité absolue de son mari. Les époux qui ne rédigent pas de contrat sont placés obligatoirement sous le régime de la communauté. P1010038.gifMais quel que soit le régime choisi, la femme est étroitement subordonnée à l’homme ; elle devient une pupille, un être incapable, juridiquement parlant. Le code n’a pas prévu que la femme puisse gagner un salaire, recevoir un traitement, ou encore tenir un commerce.


L’autorité maritale est établie d’une manière catégorique par l’article 213 du code :  » La femme doit obéissance à son mari « . Photo-du-code-civil.gifLa femme doit suivre son mari partout où il établit son domicile. Elle ne participe en aucune manière à l’administration des biens communs. La femme ne peut aliéner ou hypothéquer ses biens propres sans le consentement de son mari.


Le sieur Calabre lorsqu’il décède en 1825 laisse pour seules héritières ses deux filles Claudine et Louise alors mariées. Vente-Ste-Périne-1 Bien que ce fût leur bien propre, elles sont simplement autorisées par leurs maris respectifs à vendre la propriété l’année suivante à Charles X et à donner procuration à un mandataire qui les représentera elles et leurs époux. Ces derniers, qui n’ont aucun titre sur ce bien immobilier apparaissent pourtant comme étant les vendeurs. 


C’est ainsi que l’entend l’acte de vente du 11 mai 1826. 

 

 

à suivre

Sainte Périne (suite)

XV-3b)-St-Jean-des-Vignes-ou-Ste-Périne---copie-10Après leur séjour de 44 ans à Sainte Périne, les religieuses revinrent habiter Compiègne. Après avoir adressé une requête à l’évêque de Soissons elles obtinrent le 10 avril 1645 la permission d’aller s’établir à La Villette près de Paris.

 

En 1647 les dames de Sainte Périne signèrent un compromis avec la mère  Panorama sans titre 2supérieure de Sainte Marie à Paris en vue d’acquérir la maison et le couvent de La Villette. Il fallait à cet effet vendre la maison de Compiègne où résidait encore une partie de la communauté.

 

Or il apparaît qu’un certain nombre de filles (nom utilisé dans les documents pour désigner les religieuses) s’opposèrent à cette vente et à ce transfert.

 

L’abbesse Charlotte de Harlay, fine mouche, n’affronta pas direc-tement cette « fronde ». Très diplomatiquement elle prit individuellement les religieuses pour leur expliquer le bien-fondé de cette décision et obtenir de chacune d’elle leur signature au bas d’un document qui les ralliaient à sa cause.

 

L’opération réussit si bien que le consentement de toute la communauté figure au bas du texte voulu par l’abbesse. Texte du 19 mai 1648 « consentement des dames de Ste Périne pour la vente de leur maison ».

 

P1010049Après quoi la vente et leur installation définitive purent se faire.

 

En 1742, elles se réunirent à la communauté Sainte Geneviève de Chaillot. Actuellement une maison de retraite perpétue leur souvenir avec le nom de Sainte Périne.

 

      à suivre