Lever du soleil

Lever du soleil (extraits)


Tout à coup, — le temps de noter l’impression, d’un terme qu’on désire juste et précis, —  deux gerbes, deux faisceaux de rayons ont jailli obliquement, à droite et à gauche d’un centre, d’un moyeu invisible, merveilleux éventail dont la rivure de rubis autour de laquelle évoluent les brins demeure, jusqu’à présent, sous l’horizon. Alors les tons de métal en fusion disparaissent à l’ourlet des nuées : la forge est de plus en plus en incandescence : ils sont chauffés à blanc : ils s’éteignent enfin, tout d’or pailleté qu’ils aient paru un instant, devant l’or du globe en feu.

 


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D’abord ce n’est qu’un point, puis un segment de cercle augmentant. Il monte rapidement. Tout s’efface dès son arrivée. Les longs rayons en fusées de tout à l’heure sont absorbés par ses propres rayons. Derrière lui, les buées transparentes, derniers souvenirs de l’obscurité, s’évanouissent. Bientôt le disque s’offre tout entier. Il continue son ascension. On songe aux machines des féeries surgissant à un coup de baguette.


Le soleil a fait son entrée : il est le maître, le dieu. On comprend, à ce spectacle, les prosternations des Parsis devant le principe de tout bien, de toute vie.


                                                                                                  Léon Duvauchel


Le cloître

2-copie-1.gifLe cloître n’existe plus. Il est difficile de situer sa disparition avec exactitude. Ce qui est certain c’est sa présence sur un plan de l’abbaye daté de 1634 (Archives de l’inspection forestière de Compiègne, Registre des Insinuations) et sa disparition sur un autre plan du 4 mars 1762. Sa démolition se situe donc entre ces deux dates, c’est-à-dire durant la présence des religieux à St Jean. C’est le seule certitude que nous ayons.


Les seuls vestiges qui nous prouvent son existence sont le solin qui protégeait le sommet de l’appentis, le long du mur méridional de la nef, et le banc de pierre au pied de ce même mur.

 

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1-Salle-capitulaireSur la photo ci-contre, qui date d’avant la restauration de la salle capitulaire, on voit les trous pratiqués dans les assises où venaient s’encastrer les extrémités des entraits de la charpente.


Une colonne et des tympans de pierre appartenant au cloître existent encore. Ils sont utilisés aujourd’hui comme éléments décoratifs par des particuliers.


Colonne-2.gif      Tympan

 

Tympans-et-colonnesLa juxtaposition de deux de ces pierres donne un arc brisé. Le dessin de la conception de l’arcature fait dater la construction du cloître au milieu du XIIIe siècle. Il ressort donc que ce cloître fut construit après l’achèvement de l’église.


Ses dimensions restent aussi à l’état de suppositions, bien que l’on puisse penser qu’il s’étendait sur la longueur de la salle capitulaire, c’est-à-dire de 9 m. à 9m5. pour l’un de ses côté.


Il est difficile de dire s’il avait une forme carrée ou rectangulaire, ce qui est certain c’est qu’il s’étendait, même dans le premier cas de figure, sur une partie de la rue du couvent qui à ce moment là n’existait pas. Toute cette partie du couvent était close dans le prolongement de la façade nord de l’église et était interdite aux laïcs.


Gravure du cloîtreLa même inconnue concerne la largeur des galeries. En 1931 une restitution hypothétique à été réalisée donnant une image de ce qu’aurait pu être le cloître.


Il est regrettable qu’au moment de la restauration de l’église des fouilles n’aient pas été entreprises pour retrouver trace de cette construction, les responsables se contentant à l’époque de combler une partie de la cour située devant la salle capitulaire. La hauteur du banc par rapport au sol en apporte la preuve.


Carrefour du Diable

P1010098La topographie de la forêt de Compiègne offre parfois des choses curieuses à observer.


Ainsi, n’est-il pas bizarre de voir brusquement apparaître une grosse boule blanche qui semble égarée au milieu d’un chemin.


Progressivement cette boule se découvre pour nous laisser voir au bout de la descente le poteau d’un carrefour.


C’est le « Carrefour du Diable ». De ce dernier il n’aurait que le nom s’il ne nous laissait pas découvrir une de ces curiosités dont seule la nature a le secret.

 

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 Tourner vous et découvrez.


P1010008Ces arbres plantés sur la butte nous laissent découvrir un faisceau de racines, toutes tordues, certaines, un instant s’élançant vers le ciel.


C’est à la fois saisissant et beau. Une curiosité qui mérite des photos pour vous la faire découvrir.

         

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Façade ouest de l’église

Façade-ouest-de-l'église

Ce dessin, qui fait partie des relevés effectués par l’architecte du gouvernement en 1853, une dizaine d’année avant le début de la restauration de l’église, souligne combien l’état de délabrement du bâtiment nécessitait des réparations importantes.


La rosace 1 P1010031Toutes les modifications que nous notons sont le résultat des restau-rations entreprises à partir de 1864 pour l’église, 1882 pour la sacristie et 1888 pour la salle capitulaire.


 Nous remarquons qu’avant la restauration, la façade occidentale est en très mauvais état. Elle est lézardée de haut en bas en plusieurs endroits avec un affaissement au niveau supérieur de la rose.


P1010032On observe également que cette rose est percée de deux lancettes. Celle que nous voyons aujourd’hui est le résultat de la volonté de l’architecte de doter cette église d’une véritable rosace. Toute la maçonnerie de remplissage fut donc démolie à cet effet.


La deuxième modification concerne les deux ouvertures en lancette situées au-dessus de la rose et remplacées par un oculus.


Façade sudLe troisième travail de restauration de cette façade concerne le rebouchage des percements au bas du pignon. Les chanoines avaient bâti à cet endroit un bûcher.


Si nous passons sur la façade sud, nous remarquons que la porte d’entrée actuelle n’existait pas, l’entrée de l’église se faisant par le côté nord par une porte située dans la même travée.


Nous voyons aussi que les fenêtres en lancette sont bouchées par un remplissage de moellons, de surcroît à des hauteurs différentes.


La sacristie est située immédiatement dans le prolongement de la salle capitulaire et son toit monte jusqu’aux chenaux de l’église. A l’arrière un bâtiment, supprimé depuis, monte à mi-hauteur de la sacristie.


Les photos actuelles permettent de juger de ces différences.

 

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Champignon rare

P1010030Dans ma virée de ce matin en forêt j’ai trouvé sur un tronc de hêtre mort ce champignon que j’ai confondu de loin avec un autre assez ressemblant. Comme quoi il faut toujours y regarder à deux fois avant de se prononcer lorsqu’il s’agit de champignons.


Celui-ci est un hydnum cirrhatum. Il est rare et comestible. On remarque bien sa face supérieure rugueuse avec des écailles fibreuses et petits aiguillons stériles. A sa face inférieure ses spores sont des aiguillons de 1 à 1cm.1/2.

 

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Un de ses cousins, l’hydne sinué, plus communément appelé pied de mouton est plus courant.


Le puits communal

L’arrivée de l’eau potable dans la commune est relativement récente puisque les premières mises en service du réseau date du 1er octobre 1957.


P1010045Jusqu’à cette date, c’est le puits communal, situé dans la grande cour, qui assurait la fourniture en eau à la majorité des habitants.


Quelques maisons du village possédaient leur puits. Certains étaient mitoyens à deux habitations.


Si le puits assurait un rôle social en ce sens qu’il était un point de rencontre, la pénibilité de la corvée d’eau, assumée la plupart du temps par les femmes, faisait que cette eau était réservée en priorité aux besoins de la cuisine. L’eau était un luxe qu’il fallait préserver.


PuitsPour le reste, les usages ménagers, la toilette, les jardins, l’eau de pluie arrivait à suffire. Ceux qui possédaient un puits faisaient plus facilement face à ces besoins.


Les lessives quant à elles se faisaient aux lavoirs, privés et communal.


Pour la plupart des puits, l’eau ne provenait pas de la nappe phréatique située à une vingtaine de mètres de profondeur, mais des eaux d’infiltration superficielle descendant des Petits Monts et de la Tête de St Jean. P1010018Ce qui n’empêche que la majorité des habitants en buvaient et qu’à notre connaissance il n’y a pas eu d’épidémie en raison de cela.


A La Brévière par contre, des analyses d’eau effectuées en 1931 soulignaient que la présence de colibacilles pouvait devenir dangereuse pour les habitants.

 


Le puits communal fut un jour le théâtre d’un événement qui aurait pu avoir un dénouement tragique.


P1010023Blanche B. racontait qu’un jour à la récréation, les enfants n’avaient pas encore une cour d’école et se dispersaient dans la nature, une partie de cache-cache s’était organisée.


Chacun se cachait plus ou moins bien et la partie se déroula ainsi jusqu’à la reprise de la classe. Jusqu’au moment où chacun étant à sa place on s’aperçut qu’il en manquait un. Le fils C., élève particulièrement turbulent.


Chacun s’interrogeait pour savoir si l’un ou l’autre l’avait vu et force fut de constater que personne ne savait où il était.


P1010031Comme il habitait à proximité de l’école un élève fut envoyé voir s’il était chez lui et constata qu’il n’y était pas.


Dès cet instant, l’inquiétude de sa mère jointe à celle de l’instituteur et des enfants fit que les recherches pour le trouver s’organisèrent. Tous les coins et recoins furent visités sans résultats jusqu’au moment où un élève s’approchant plus près du puits que les autres entendit des appels étouffés venant du trou. C. était bien là à quatre ou cinq mètres de profondeur.


P1010024Aussitôt tous les efforts se concentrèrent pour le sortir de là.


Sorti du puits il put expliquer que celui-ci lui avait semblé une bonne cachette et qu’en s’accrochant au seau il ne serait pas trouvé. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que son poids fit brusquement se dérouler une partie de la corde et qu’il s’était trouvé suspendu entre ciel et eau. De là il avait beau crier, à plus de dix mètres du puits personne ne pouvait l’entendre.


On ne connaît pas la suite de cette aventure qui aurait se terminer fort mal, mais ce jour là il du avoir une sacrée frayeur le fils C.


Le Gros Chêne de St Jean

Le chêne de Saint Jean : essence « Chêne sessile »


Appelé aussi « Le gros chêne » cet arbre dont on dit qu’il aurait huit siècles d’existence se trouve à 800 mètres au nord du village, près du carrefour du Bocquet Colin. On s’y rend facilement par un petit chemin qui serpente à travers la forêt. Impossible de se tromper, des panneaux vous indiquent comment vous y rendre.


35Ses dimensions sont impressionnantes et le situent parmi les arbres les plus remarquables de France. Circonférence à 0m.50 du sol : 7m.87, à 1m. : 7 m., diamètre à 1m.30 du sol : 2m.45, hauteur : 25 m. C’est le plus vieux chêne de la forêt de Compiègne et un des plus vieux arbres des forêts françaises. Classé un temps au quatorzième rang dans le classement général.


Le poids des ans qui pèsent sur lui fait que durant le siècle écoulé ses branches l’ont abandonné les unes après les autres. Au mois de mai 2002 un expert conseil de l’O.N.F. avait examiné l’arbre et concluait à un risque de rupture au niveau du bas tronc (0 à 3 mètres). C’est ce qui vient de se produire fin mai. La branche du bas tronc, à trois mètres du sol, n’a pas supporté plus longtemps ce poids des ans. De la taille d’un beau chêne, elle choit aujourd’hui tristement à son pied. Cependant il manifeste encore une certaine vigueur, car de son fût jaillit au sommet une tête bien verte.


Mais son tronc reste bien malade, par endroit la partie vivante n’existe plus.


Il n’en reste pas moins un lieu où l’on se rend et depuis cet accident les nombreux visiteurs semblent lui marquer une certaine sollicitude.

 

 

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Pins sous le soleil

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A voir ces pins sous le soleil on pourrait se croire transporté en Provence. Cependant nous sommes bien dans la forêt de Compiègne dans une parcelle plantée de cette espèce.

Une preuve supplémentaire qui prouve la variété des choses à découvrir dans notre région.

 

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La poutre de gloire

À la limite du transept et du chœur existait à l’origine, une poutre de gloire ou trabe, dont il ne reste malheureusement que les amorces. Viollet-le-Duc en a fait une reconstitution tout hypothétique.


Int.-église-Poutre-de-gloireIl est vraisemblable que ce sont les religieux qui la supprimèrent peu après leur arrivée à Saint Jean, vraisemblablement au moment où ils installèrent les stèles qui entouraient le chœur. Les colonnettes en supportent encore à mi-hauteur la partie qui y était encastrée. C’est à cette disposition qu’est due la conservation des vestiges encore en place.


Nous n’avons aucune trace graphique de ce que cette poutre pouvait être. Nous pouvons seulement nous faire une idée de ses dimensions par les parties restantes. Bien qu’en examinant ces extrémités on se rend compte que cette poutre n’était pas d’un seul morceau dans le sens de la hauteur. Ce qui permet de penser qu’une pièce de bois s’épaississant en son centre venait s’encastrer entre deux autres permettant de rigidifier l’ensemble. En général ces poutres de gloire supportaient des charges importantes.


Les motifs que l’on peut voir à l’extrémité de ces poutres ne sont pas les décorations d’origine, mais celles que l’architecte Mimey, sur la base des relevés et des couleurs exactes avait faites en 1853. Il a dessiné et mis en couleur, avec un soin minutieux, les motifs décoratifs qu’il avait pu encore voir à cette époque.

 

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Tombeau gothique

Le tombeau gothique ou arqué


P1010052.JPG-Pl.-73---copieLa légende dit que ce tombeau est celui, soit de la Reine Blanche, soit de la Reine Adélaïde, épouse de Louis VI le Gros. Or chacun sait que Blanche de Castille, mère de St Louis, fût inhumée en 1252, en l’abbaye de Maubuisson qu’elle avait fondée. Quant à la Reine Adélaïde, elle fut inhumée en 1154, en l’abbaye de Montmartre dont elle était à l’origine.


P1010144 Tombeau-de-la-Reine-AdèleIl est plus vraisemblable que ce monument ait été élevé à la mémoire d’une bienfaitrice de l’abbaye, vers la fin du XIIIe siècle.


 En l’absence de preuves formelles, on ne peut qu’émettre l’hypothèse plausible de faire de ce tombeau la sépulture d’Agathe de Pierrefonds, bienfaitrice notoire, ou bien de Jehanne de Janville, de la maison de Coudin, Rosace-du-tombeaudont plusieurs membres sont cités dans les titres anciens comme ayant été inhumés dans l’église de Saint Jean aux Bois.


Le 14 juillet 1817 le tombeau fut ouvert. Un procès-verbal, rédigé à cette occasion, nous précise que le squelette d’une femme âgée d’environ 40 ans y fut découvert enfermé dans un caveau recouvert d’une dalle sans autre marques que deux traits en forme d’ogive.


Photo-de-1905 123-2Ce qui est bien dommage, c’est que les os de cette femme, selon le procès-verbal, furent enterrés dans le cimetière sans qu’aucune indication de l’endroit où ils furent mis ne soit indiqué.


 Le mystère de ce tombeau reste donc entier. Depuis nous nous en tenons à des suppositions.