Catégorie : Patrimoine

Robert Levert dans son fournil (1)

 

En 1983 Michel Maupti, son voisin immédiat, filma Robert Levert dans son fournil en train de préparer sa fournée de pain.

 

Nous assistons à la préparation de la fournée, puis de l’enfournage et enfin de la sortie des pain cuits, dorés et croustillants.

 

Le tout accompagné de commentaires sur son travail, nous faisant ainsi revivre quelques moments de la fabrication du pain à l’ancienne dans un four à bois d’un autre âge.

 

C’est ce qui fait la valeur de ce document car il s’agit là des derniers instants d’une époque révolue.

 

 

Pour entendre les commentaires de Robert, couper le son de la musique d’accompagnement tout en bas de page

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11 novembre 2011

Le 11 novembre, cérémonie du souvenir

 

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Comme chaque année les morts de la guerre de 1914 – 1918 sont honorés, là où leurs noms sont gravés, dans la pierre du monument aux morts. Moment d’émotion devant cette longue liste ouverte par sept tués dès les premiers jours de la guerre.


Panorama sans titre2Entre le 7 septembre et le 10 octobre 1914 : Crampon Eugène, Baudrin Félix, Langelez Norbert, deux copains d’enfance tués le même jour au même endroit dans l’Aisne à quelques kilomètres de leur village, Boutanquoi Louis, Warin Eugène, Tourneur Constant, Langelez Marcel furent tués aux combats.


Dès le début de la guerre 53 hommes de Saint Jean sont mobilisés.

 

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A la fin de la guerre notre village, à l’instar de millier d’autres en France, compte 24 tués à la guerre, dont douze furent portés disparus. Un seul fut retrouvé, Maurice Billoré, enterré au cimetière militaire de Rancourt dans la somme. Les onze autres restent ensevelis dans les champs de bataille.

 

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Le tribunal civil de Compiègne les déclarera « Mort pour la France » au cours des années 1919, 1920 et 1921.

 


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Le coucou

oiseaux-aout-2011IMG 0778-(5)Les coucous constituent un ensemble d’espèces d’oiseaux de la famille des cuculidés.


Le terme coucou est une onomatopée provenant du chant du coucou gris.


Le coucou gris de nos régions à l’habitude de parasiter les nids d’autres espèces. La femelle dépose un œuf dans le nid d’un autre oiseau. Après la naissance, le jeune coucou fait rouler les autres œufs hors du nid. oiseaux-aout-2011IMG 0778-(6)Il les pousse avec son dos jusqu’au bord et les fait passer par dessus. Il pratique de la même manière avec les jeunes nés avant lui.


Sur la première photo l’œuf a été déposé parmi d’autres.


Né, celui-ci occupe la place et se fait gaver par ses parents adoptifs. Ce sont les photos suivantes*.

 

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* Photos aimablement confiées par ma voisine Claude qui les a prises au mois de juin dernier.

 

 

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Sainte Périne (suite)

L’assassinat du garde Favreau à Sainte Périne

 

Favreau-51Le 24 octobre 1928, un boucher charcutier de La Croix St Ouen, faisant sa tournée de Sainte Périne et La Brévière, engage sa camionnette dans l’allée forestière qui relie ces deux hameaux. À 150 mètres de l’abbaye il découvre, horriblement mutilé, le corps d’un homme qu’il reconnaît comme étant le garde Favreau de Ste Périne.

 

DesfavriesL’enquête finira par s’orienter vers Henri Catoire qui avoue rapidement son crime perpétré le 23 au soir. Henri Catoire né le 11 décembre 1903 à La Croix St Ouen, est bûcheron et demeure à La Brévière avec sa mère.

 

Henri Catoire n’est pas cependant un mauvais individu asocial.

 

FavreauQuelques jours avant son forfait, le 19 septembre, c’est lui qui prononce le discours d’adieu sur la tombe d’un de ses amis Eugène Warin, décédé à l’âge de 28 ans. Il le fait au nom des amis du défunt et de la société de tir l’Espérance. Et il ne s’agit pas là du discours d’un imbécile ; il s’exprime en termes simples et emprunts de sensibilité, plein d’égards et de respect envers la famille.

 

Que peut-il se passer dans la tête d’un homme pour en arriver à une telle extrémité ?

 

C’est un besoin d’argent urgent pour combler les dettes qu’il avait faites qui l’a conduit à puiser dans la caisse de la société dont il est le trésorier ; c’est ce qui se dégagera de l’enquête.

 

La reconstitution du crime a lieu le mercredi 21 novembre après midi par le parquet de Compiègne. L’opération par elle-même n’a rien appris aux magistrats qu’ils ne savaient déjà. Favreau-16.gifMais elle confirme que Catoire ne s’était pas emparé des économies du garde qu’il pensait trouver à son domicile, ce qu’il avait toujours dit, ajoutant qu’il ne les avaient pas trouvées.

 

En effet, c’est dans un des tiroirs du fourneau, qu’une somme d’une vingtaine de mille francs, presque entièrement en titres, a été trouvée.

 

Favreau-50C’est le lundi 4 mars 1929 à midi, au palais de justice de Beauvais, que s’ouvre la session des assises de l’Oise. Henri Catoire sera jugé le samedi 29 juin. Au terme de son procès, la cour le condamne à la peine de mort et dit « qu’il aura la tête tranchée sur une place publique de Beauvais« .

 

Le samedi 10 août 1929 la presse fait savoir que la chambre criminelle de la cour de cassation rejette le pourvoi de Catoire, mais nous apprend que M. Doumergue, Président de la République, vient de demander au ministère de la justice la communication de son dossier.

 

Favreau 53C’est toujours par la presse que nous apprenons, quelques jours plus tard, que le parquet de Beauvais a été avisé que Catoire a été gracié par le Président.

 

Au mois de novembre 1928, à l’initiative des officiers et préposés des Eaux et Forêts de Compiègne, une souscription est ouverte en vue d’ériger une stèle à l’emplacement où le garde Favreau fut assassiné. Le Conseil municipal vote à l’unanimité, dans sa séance du 3 mars 1929, une somme de 180 francs à titre de souscription pour ce monument.

 

 

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Sainte Périne (suite)

2.gifAvec la vente de Sainte Périne à Charles X en 1826, nous avons une parfaite illustration de la négation du rôle de la femme tel que le code civil de 1807, dit code Napoléon, l’avait inscrit dans le texte.


Lorsque la femme se marie, elle peut être soumise à divers régimes matrimoniaux, mais tous la place sous l’autorité absolue de son mari. Les époux qui ne rédigent pas de contrat sont placés obligatoirement sous le régime de la communauté. P1010038.gifMais quel que soit le régime choisi, la femme est étroitement subordonnée à l’homme ; elle devient une pupille, un être incapable, juridiquement parlant. Le code n’a pas prévu que la femme puisse gagner un salaire, recevoir un traitement, ou encore tenir un commerce.


L’autorité maritale est établie d’une manière catégorique par l’article 213 du code :  » La femme doit obéissance à son mari « . Photo-du-code-civil.gifLa femme doit suivre son mari partout où il établit son domicile. Elle ne participe en aucune manière à l’administration des biens communs. La femme ne peut aliéner ou hypothéquer ses biens propres sans le consentement de son mari.


Le sieur Calabre lorsqu’il décède en 1825 laisse pour seules héritières ses deux filles Claudine et Louise alors mariées. Vente-Ste-Périne-1 Bien que ce fût leur bien propre, elles sont simplement autorisées par leurs maris respectifs à vendre la propriété l’année suivante à Charles X et à donner procuration à un mandataire qui les représentera elles et leurs époux. Ces derniers, qui n’ont aucun titre sur ce bien immobilier apparaissent pourtant comme étant les vendeurs. 


C’est ainsi que l’entend l’acte de vente du 11 mai 1826. 

 

 

à suivre

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Sainte Périne (suite)

 

Durant la révolution, Sainte Périne prit l’appelation d' »Estave », nom du propriétaire des lieux.

 

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Aucune date d’archives ne nous donne la date à laquelle le hameau de l’Hermitte fut séparé de la chapelle.


P1010046.gifLe 11 mai 1826 les deux sœurs Calabre, héritières de leur père vendirent au roi Charles X l’enclos de la chapelle et l’étang, en tout six hectares.

 

En 1829 par suite d’un échange approuvé par la loi du 28 juin 1829 Charles X cède la propriété au domaine de la couronne.

 


P1010039.gifCe qui restait du hameau de l’Hermitte fut vendu à la même époque à Nicolas Tourneur (de St Sauveur) et depuis lors une série de mutation l’ont fait passer aux mains de M. Adolphe Clément (dit Clément Bayard, célèbre constructeur de dirigeables avant 1914)). De nos jours elle est la propriété d’un habitant de St Jean.

 

Un article de presse daté de 1883 nous apprend que le poisson de l’étang est mis en adjudication, comme cela se fait tous les quatre ans.

 

P1010064De la chapelle de l’Hermitte, dont ne reste aujourd’hui que le nom de Sainte-Périne, ne subsiste que le sanctuaire. Des bâtiments modernes, servant actuellement de poste forestier, sont venus s’accoler au mur nord.


En 1938 le poste forestier est transformé en maison de jeunesse qui ne fonctionnera apparemment que jusqu’au début de la guerre 1939/45.


Revenue dans le giron des Eaux et Forêts puis de l’O.N.F., avec l’affectation du garde forestier actuel à un autre poste, quel va être le sort réservé à ce poste forestier ?

 

à suivre

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Sainte Périne

 

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Sainte Périne est un lieu-dit peu éloigné de La Brévière faisant partie de Saint Jean aux Bois.


01---Sans-dateC’est le roi Philippe Auguste qui fonda et fit édifier une chapelle dite de « l’hermitte » en la forêt de Cuise au début du XIIIe siècle. Le chapelin reçut de ses successeurs Louis IX et Philippe le Hardi un certain nombre de donations dont le pré dit de « l’hermitte » dont l’étang dit de Sainte-Périne occupe aujourd’hui l’emplacement.


En 1304, Philippe le Bel donne aux religieuses de Saint-Jean-aux-Bois, la chapelle et la chapellenie de l’Hermitte, vacante par suite de la résignation du chapelain en place.

 

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En 1449 l’abbesse de Saint-Jean-aux-Bois, transmet chapelle et chapellenie au prieur de l’Hôtel-Dieu de Compiègne.


En 1594, les Augustines de Saint-Jean-des-Vignes près de Compiègne furent chassées de leur monastère par les guerres de religion. Elles se réfugièrent d’abord à l’hôtel Saint-Nicolas le Petit, à l’intérieur de la ville, et en 1596 elles vinrent occuper le lieu dit « l’Hermitte » où se trouvaient déjà quelques habitants et qui constituaient un hameau entouré de sept arpents de terre.


P1010042.gifEn 1762 le hameau de l’Hermitte, aussi appelé Sainte Périne, se composait de la chapelle et des bâtiments annexes et d’une cour où existait neuf habitations dont quatre inoccupées. Cinq ménages composés de vingt-deux personnes y habitaient.


Après un séjour de 44 ans, elles revinrent habiter Compiègne, et le 25 octobre 1640, la métairie de l’Hermitte fut acquise par Charles de Mousselard, écuyer, seigneur de la Planchette.


n-20-Ste-Perine.gifUne visite des lieux effectuée le 16 octobre 1648 nous apprend que d’une façon générale les bâtiments sont en mauvais état et qu’ils nécessitent de nombreux travaux de restauration.


Charles de Mousselard cède la propriété au sieur Lucas en 1644 qui la revend à Jacques Leféron en 1647. De succession en succession elle reste dans la famille jusqu’en 1788. Elle est vendue à cette date à M. Estave père qui la vend à M. Evicq de Paris qui la revend à M. Estave fils. Ce dernier la rétrocède vers 1801/1802 à M. Calabre.


C’est ce dernier personnage qui fait creuser sur la prairie l’étang de 2 hectares 86 ares que nous connaissons aujourd’hui.

 

à suivre

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Portraits d’un village de forêt

La mémoire de Saint Jean a, sur la proposition et avec le concours de Jean-Pierre Gilson photographe, réalisée un album des photos des habitants du village qui ont accepté d’y figurer.


35.gifC’est ainsi que pendant plusieurs mois 110 familles ont été photographiées dans leur univers quotidien. Introduite auprès d’elles par des membres de l’association, Jean-Pierre Gilson en bon descendant d’une famille de Saint Jean, s’est appliqué à en réaliser de superbes clichés.


C’est à la présentation de ceux-ci et de l’album qui les rassemble que l’association, durant ces 15 et 16 octobre, ouvre les portes de la maison du village.


A l’attention de ceux qui n’ont pas la possibilité de se déplacer à Saint Jean durant ces deux jours, nous présentons une vue succincte de cette exposition.


 

Pour voir ces portraits cliquez sur l’album photos colonne à droite

 


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La mare

 

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Dans la grande cour du village devant la porte de la ferme existait depuis toujours une mare qui servait d’abreuvoir aux animaux domestiques et éventuellement à rouir le chanvre alors cultivé et travaillé par plusieurs familles.


PLAN-MASSE-1826Pour mieux situer l’emplacement de cette mare reportons nous à la partie herbeuse située à la gauche de la mairie, là où se tiennent les rassemblements des habitants lors de diverses manifestations festives. Lorsque l’école fonctionnait encore ce terrain était réservé aux enfants comme cour de récréation.


Cette mare située en plein centre du village présentait une insalubrité permanente pour les habitants. D’après un témoin qui en fait le récit en 1823 : « La mare est placée dans la première cour intérieure de la clôture de Saint Jean en entrant à droite à peu de distance du four banal, à vingt-sept pieds de la porte d’entrée de la seconde cour (*). Elle a une forme à peu près circulaire de cent pieds de diamètre (**). 1-copie-1Elle contient des poissons. Lorsque je l’ai vu, elle était fort sale et toute la surface recouverte de lentilles d’eau. »


Un petit canal qui passait entre deux maisons la reliait à l’étang du moulin, le n° 10 actuel et une autre, aujourd’hui disparue pour faire place à la rue des Abbesses débouchant route du Parquet. Sur une carte postale du début du XXe siècle, on voit que ces deux maisons ne sont pas accolées. Mare-de-la-cour-communeCe canal était devenu après l’assèchement un passage piéton.


Déjà en 1839, profitant de travaux sur le chemin des Meuniers, le conseil municipal avait décidé d’en combler une partie par l’apport de 280 m3 de terre. Mais cela restait insuffisant pour en avoir comblé la totalité.


Un article de presse daté de 1887 rapportant le suicide par noyade d’une femme dans cette mare, nous apprend pourtant qu’à cet P1010186instant elle n’était plus très profonde, parlant de 25 centimètres seulement.


C’est l’assèchement de l’étang du moulin qui alimentait cette mare qui eut du coup le même effet pour celle-ci.

 


(*) Un peu moins de 9 mètres. (**) Environ 32 mètres. 

 


 


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